Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 17:52

" Je voyais défiler toutes ces maîtresses. Je m'efforçais de les mettre en rang, de les classer mais je mélangeais leurs noms, leurs seins, leurs jambes, leurs histoires. Je pensais que Maria exagérait. À l'entendre, je n'avais jamais fréquenté que des "sans vergogne".À part la coiffeuse, Graças, elles ne valaient pas la corde pour les pendre. Maria de Lurdes me mettait en garde contre toutes ces filles. Au Brésil, en Amazonie en tout cas, les femmes aussi savent jouer du couteau. Est-ce que je me rappelais le vieil Alcibiade, le type de la favela, qu'on avait retrouvé dans son taudis, presque mort et puis mort tout à fait parce qu' Edvarda Rusbilla lui avait vidé un chargeur dans la nuque ! J'ai dit :

   - Oui, je me rappelle le vieil Alcibiade.

   Je faisais mine de prendre ça à la blague. J'ai demandé d'une voix sérieuse :Santa Teresa Rio de Janeiro Brazil

   - Et qu'est-ce que tu feras, toi, si ça arrive ?

   - Je t'enterrerai, à-t-elle dit.

   - Tu as raison, ai-je dit.
   - On chantera le chant Excelencia, mais tu ne pourras même pas l'entendre puisque seulement les femmes ont le droit de le chanter et de l'entendre le chant Excelencia.

   - Même les hommes morts n'ont pas le droit de l'entendre, le chant Excelencia ?

   - Même les hommes morts.
   - Alors, ça sert à quoi de mourir ?

   - Ça sert à rien, à rien du tout, même.

   - Tu pleureras ?

   - Je verrai. On peut pas tout prévoir. Je ne sais pas. Je demanderai aux gens...."

 

Gilles Lapouge : extrait de " Nuits tranquilles à Belém" Flammarion, 2015

 

  

  

Partager cet article

Repost 0
publié par jmlire9258 - dans Extraits de livres
commenter cet article

commentaires

  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
  • Contact
">

richard desjardins

Recherche


compteur ">

thomas fersen


compteur gratuit ">


compteur gratuit
">

romain didier

Mes auteurs favoris


Nathacha Appanah
Philippe Claudel
Jim Harrison
Haruki Murakami
J.M.G Le Clézio
Michel Houellebecq
Honoré de Balzac
John Irving
Philip Roth
Fred Vargas
Arto Paasilinna
Patrick Süskind
Tom Wolfe
David Lodge
Isaac Asimov
Victor Hugo
Fiodor Dostoïevski
George Orwell
Mathias Enard
Romain Gary
">

">


compteur ">


compteur
Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -