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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 11:08

 

 

extrait du roman " Les souterrains", 1958 :

LES CRITIQUES : entre les caresses et les griffes.

 

 

Le livre que je préfère, c'est "Les souterrains", il l'a écrit en deux jours, je crois, et ça ne peut que me le rendre sympathique. dans le genre brut, c'est réussi. C'est ça qui est bien chez Kerouac, c'est le brut. Léautaud disait qu'il fallait écrire comme on parle, sans chercher à bien écrire, et il y a ça chez Kerouac..."

 

Simon Libérati

 

" Kerouac porte la même attention, la même minutie et le même enthousiasme candide à décrire les montagnes, les arbres, les sentiers, qu'un bar bondé, une bagnole dans laquelle ils vont traverser trois États ou une piaule miteuse dans laquelle il va vivre une nuit débordante de sexe. Il ya quelque chose d'extatique chez Kerouac, entre la mystique et l'éternelle immaturité qui lui fait voir du beau ou du sacré en tout. Ça a un côté rafraîchissant qui rappelle un peu Dostoïevski parfois. "

 

Cyril Dion.

 

" Bien sûr que j'ai lu Les souterrains ; J'ai même lu toutes les merdes [ que Kerouac ] a écrites. Ce type est un crétin, un abruti mystique affligé  de myopie intellectuelle. Les clochards célestes était bien loin d'être un bouquin aussi nul que Les souterrains, mais les deux sont des appendices desséchés de Sur la route - qui, de toute façon , n'est pas un roman...

 

Hunter S. Thompson.

 

" La jaquette des Souterrains signale que la jeunesse Beat estime que le comment de la vie semble plus crucial que le pourquoi. ( Je ne comprends pas leur grandiloquence ; si je me souviens bien, c'était la conviction de la plupart des générations). Mais le "comment" des garçons et des filles Beat est d'une effarante monotonie. les jours se confondent avec les nuits. Ils se pâment au son de leur musique, ils se défoncent à la bière ( une des possibilités de distraction qu'offre, me semble-t-il, l'âge tendre.), ils se bagarrent et oublient s'être battus, ils n'ont de cesse de s'entasser dans des bagnoles toutes bringuebalantes et de rouler comme des fous... On ne rit pas beaucoup chez eux, et si on se parle, c'est principalement pour se dire combien on est formidable... Le héros des Souterrains ne se lasse pas de décrire ses moments d'intimité avec la jeune beauté noire dont il est tombé amoureux - il emploie le mot "amour". Il relate ces épisodes les uns après les autres, comme les matchs d'une saison - à quoi d'ailleurs jouent-ils, ces nouveaux écrivains ? À compter les points ?

   Je crois, comme vous l'aurez peut-être subodoré, que si M Kerouac et ses disciples ne se trouvaient pas si éblouissants, aussi terriblement intellos, s'ils ne trouvaient pas qu'ils ressemblaient beaucoup au Christ, je ne serais pas d'aussi méchante humeur..."

 

Dorothy Parker.

 

 

... De la misogynie chez Kerouac ?

 

" ... J'ai toujours un peu peur des commandos de choc qui se proposent de traquer la misogynie dans la littérature. Cela me rappelle des images de lynchage, et cela m'inquiète. Le roman n'es pas le lieu de la morale. les personnages des auteurs de la Beat Generation ne se sont jamais inquiétés d'être à leur manière des " sales types " - dans la lignée de leur précurseur de  Demande à la poussière, John Fante. Quel que soit le malaise qu'on peut en éprouver, c'est ça qui est troublant et bizarrement beau, cette manière dont ils nous font entrer dans cette psyché et percevoir tout le mal qui est derrière. La part d'autodestruction. la folle liberté, la peur. " Les seuls qui m'intéressent sont les fous furieux" , écrit le narrateur de Sur la route. Je ne crois pas que la littérature soit forcément là pour se dégager des clichés, elle les brasse aussi parce qu'ils nous travaillent. Qu'on y est empêtrés. Elle rend compte de cet empêtrement.

 Elle en témoigne. la littérature n'est pas là pour exposer une vision correcte, et encore moins corrigée du monde. C'est la réalité qu'il faut changer, mais les romans, eux, sont un espace presque utopique où apprendre l'indulgence, où accéder librement et attentivement à la complexité intime de l'altérité. "

 

Chrisine Montalbetti.

 

Critiques parues dans le magazine Transfuges , mars 2022, dossier Kerouac.

 

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