Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 17:15

 

 Jonathan Franzen aux prix 2010 du National Book Critics Circle .
Jonathan Franzen, 2010

Chip était frappé par les vastes similitudes  entre la Lituanie du marché noir et l'Amérique de l'économie de marché. Dans les deux pays, la richesse était concentrée entre les mains d'une poignée de gens ;  toute distinction sérieuse entre les secteurs privés et publics  avait disparu ;  les capitaines du commerce vivaient dans une anxiété fiévreuse qui les poussait à étendre implacablement leurs empires ; les citoyens ordinaires vivaient dans une crainte fiévreuse du licenciement et une confusion fiévreuse quant à savoir quel puissant intérêt privé possédait quelle institution autrefois publique un jour donné ; et l'économie était largement alimentée par l'insatiable appétit de l'élite pour le luxe. ( À Vilnius, au mois de novembre de cet automne lugubre, cinq oligarques criminels employaient à eux seuls des milliers de menuisiers, de maçons, d'artisans, de cuisiniers, de prostituées, de barmen, de mécaniciens automobile et de gardes du corps.) La principale différence entre l'Amérique et la Lituanie, pour ce qu'en voyait Chip, était qu'en Amérique la poignée de riches assujettissait la masse des pauvres au moyen de divertissements abrutissants et dégradants, de gadgets et de médicaments, tandis qu'en Lituanie, la poignée de puissants assujettissait la masse des perdants par la menace de la violence..."

 

Jonathan Franzen, extrait de "Les corrections", Éditions de l'Olivier, 2002, pour la traduction française.

 

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
  • Contact
">

richard desjardins

Recherche

Isabelle Mayereau


compteur gratuit ">


compteur gratuit
">

romain didier


compteur ">

">


compteur ">

SITES À DÉCOUVRIR  :

 

LE BLOG D'YSABEL

 

NOTRE JARDIN DES LIVRES

LA PARAFE

LYVRES
UNE AUTRE ANNÉE

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -