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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 19:50

" L'un des sujets de mon roman Les garçons  est  celui d'un prêtre incroyant, qui prend la tonsure en étant incroyant, ce qui est assez rare ; et qui est un sujet assez rarement traité. Ce qu'on a traité souvent, Huysmans, Barbey d'Aurevilly, Bernanos et d'autres, c'est l'histoire d'un prêtre qui a une crise et qui perd la foi... Dans mon livre, c'est un prêtre qui entre en prêtrise sans avoir la foi.  C'est un sujet qui me tenait à coeur depuis très longtemps, depuis 1929, époque où je vis officier un abbé, directeur d'un grand monastère à l'étranger, dont on m'avait dit qu'il était complètement athée. Il était très imposant, très respectable, remplissait parfaitement les devoirs de sa charge, mais de tous côtés le bruit me revenait qu'il ne croyait absolument pas en Dieu. Cela me frappa beaucoup et dès 1929, moi qui n'ai pas de foi religieuse mais qui croit sentir assez bien le christianisme et le catholicisme, puisque j'ai écrit six ouvrages où ils sont en jeu, je m'étais toujours dit que je traiterais ce sujet. J'ai attendu très longtemps pour le faire puisque Les Garçons ont été écrits en 1965 - 1967...

Je me suis très précisément informé auprès des prêtres, notamment d'un que je connais bien, qui n'a pas la foi et qui l'avoue. Comme dans tout ce que j'écris, il y a une part qui vient de moi-même, une part venant d'information, et aussi une part d'invention romanesque, de fiction.

Henry de Montherlant . Entretien avec Philippe Djian pour Le Magazine Littéraire n°28 ( Avril - mai 1969 )

 

http://portailalbert.info/article.php3?id_article=507

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publié par jmlire9258 - dans Extraits d'entretiens
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  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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