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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 17:03

" Je ne suis pas un professionnel des coquillages, mais il paraît que les huîtres font leurs perles à partir d'une blessure. La perle serait une sorte de cicatrice, un produit de la résistance à une agression. Si l'agression est trop forte, j'imagine que l'huître meurt sans faire de perle. Ou peut-être que la perle, au contraire, est d'une  beauté proportionnelle à l'intensité de la blessure.
 Ecrire un livre, en soi, est quelque chose de difficile. Ca ne saurait être un projet. Viser, c'est toujours rater. Balzac le disait à peu près dans ces termes : personne n'oblige un honnête garçon à écrire un livre. Lire devrait suffire. L'ambition, voilà l'ennemi. Personnellement, je n'ai plus de projet de livres. On ne peut pas d'un côté trouver qu'il y a trop de livres publiés et de l'autre ne rien faire pour endiguer le flôt. Un écrivain responsable, de nos jours, se doit de ne rien publier. Mais il faudrait le courage. Glenn Gould le disait : il y a des moments où il faut éviter le clavier pour rester fidèle à la musique. Il y a des moments où un livre doit rester sans papier. Fermer l'huître,  et attendre...
 Je crois que bientôt la littérature va redevenir un devoir de Français. Les mots vont reprendre leur sens. Sous le manteau. Humanité. Résistance. L'armée des ombres va reprendre du service, le temps des métaphores et des poèmes codés va revenir. Les sanglots longs. Les violons. L'automne. A nouveau, enfin, quelque chose à dire. Un peuple d'huîtres va sentir le couteau, nous aurons des perles.

  Ollivier Pourriol  : entretien dans Le Magazine Littéraire n°459 Décembre 2006

http://cine-philo.blogspot.co                                                                      

http://clabedan.typepad.com/salon_du_livr/2006/03/coup_de_coeur_o.html

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publié par jmlire9258 - dans Extraits d'entretiens
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  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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