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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 16:58
" Respire, doucement, comme tu sais faire. A la fois, j'ai besoin de cette fébrilité, de cette excitation, de cette énergie, je trépigne, je renâcle comme un cheval avant la course. Attention, l'ouverture du rideau dans cinq secondes. Les murmures s'atténuent, quelques toux ponctuent les derniers mots et je tente d'apaiser ma poitrine. Il n'y a aucune raison pour que ça se passe mal. Au lever du rideau il y a le noir, un point d'orgue, un vol en stationnaire délicieux et troublant avant de donner vie, de décider le premier geste ou la première parole. Et le cheval se calme. Cette préparation, ce silence avant que l'archer touche les cordes, comme une prière, est une prière, et le public en salle sans le savoir prie aussi. L'acte qui suit est sacré. Voilà pourquoi j'ai le trac, cette peur, ce cabot qui me bouffe le ventre, comme si j'abordais l'inabordable d'un territoire interdit. L'ouverture même du rideau est sacrée puisque l'on va jouer le mystère de la vie en s'échappant du quotidien. Je n'allais pas répéter cette sonate à l'infini, chez moi et dans un théatre vide pour le plaisir de souffrir seul. Sans public, on travaille en laboratoire, sans évaluation.
  Le spectateur est là pour vivre deux heures avec nous et partager un autre temps, une autre histoire. Notre premier souci est de faire en sorte que le voile de l'ennui ne descende jamais sur lui et qu'il n'ait à aucun moment les fesses qui le démangent. Le but, finalement, au théâtre, est de respecter les fesses des spectateurs. "

Bernard Gireaudeau : extrait de " Cher amour " Métallié 2009


http://www.livres-a-lire.net/article-31786186.html

http://www.abaobxl.be/info/spip.php?article47

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publié par jmlire9258 - dans Extraits de livres
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  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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