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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 17:35
" L'après-midi s'installa avec autant de discrétion que l'âge chez un hommehttp://blog.syracuse.com/shelflife/2008/02/steinbeck.jpg heureux. Un peu d'or se mêla à la lumière du soleil. La baie prit une teinte bleue plus intense et se couvrit de courtes lames, soulevées par le vent de terre. Les pêcheurs solitaires, qui se figurent que le poisson mord à marée haute, abandonnèrent leurs rochers et furent remplacés par d'autres pêcheurs convaincus que le poisson mord à marée basse.
   A trois heures, le vent tourna et se mit à souffler du large, apportant avec lui toutes sortes d'odeurs de varech. Dans les terrains vagues de Monterey, les raccommodeurs de filets posèrent leurs navettes et roulèrent une cigarette. Des dames grasses, dont le regard reflétait cette sagesse et cette lassitude qu'on rencontre communément dans les yeux des porcs, se laissaient transporter par les rues de la ville, dans des voitures trop puissantes, vers les consommations choisies de l'hôtel del Monte...
   Le soir descendait sur Monterey et les lumières s'allumaient. Les fenêtres luisaient avec douceur. Le théatre de Monterey émettait en lettres flamboyantes et intermittentes le titre de son spectacle : Les Enfants de l'Enfer, Les Enfants de l'Enfer... Un groupe peu nombreux mais fanatique de pêcheurs, qui sont persuadés que le poisson mord le soir, prirent place sur les rochers refroidis. Une légère brume errait par les rues, s'accrochait aux cheminées. Toute l'atmosphère était emplie d'une exquise odeur de bois de pin qui brûle. "

John Steinbeck : extrait de " Tortilla Flat " Denoël 1961

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/2948


http://livres.fluctuat.net/john-steinbeck.html

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publié par jmlire9258 - dans Extraits de livres
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  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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