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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 16:41
" Ethel, de trois ans l'aînée de Ted - et trois ans peuvent, si incroyable que cela puisse paraître, instaurer un ordre social irréversible -, était le genre de personne qui allait terrifier Ted, dès son premier jour à la maternelle : une dure à cuire. En l'absence de leurs parents, même s'ils n'étaient que dans le jardin ou dans une pièce suffisamment éloignée, Ethel entrait de la démarche assurée d'un maton dans les films, en mâchant du chewing-gum, et posait un regard scrutateur sur Ted. Ted savait que ces circonstances feraient de lui un lâche plus tard, et que, d'ores et déja, il ne lui tiendrait jamais tête, ni ne la dénoncerait, de peur d'y perdre la vie. Il faut bien que tu dormes de temps en temps, lui disait- elle quand la vengeance planait dans l'air. Ethel était d'un naturel foncièrement vil et mauvais, et ce fut à cause d'elle que Ted se tourna très tôt vers la prière, dans l'espoir d'y trouver une forme de défense. Chaque soir, il adressait de ferventes prières au Tout-Puissant, comme les fanatiques l'appelaient à la télé, mais il perdit vite patience et admit le fait que l'Etre suprême, s'il existait vraiment, n'était suprême que de réputation, et ne se souciait guère d'un pauvre petit trouillard de Baltimore luttant pour sauver sa peau contre une soeur maléfique...

Percival Everett : extrait de " Désert américain " Actes Sud, 2006

http://www.lecture-ecriture.com/3075-D%C3%A9sert-am%C3%A9ricain-Percival-Everett

http://blog.topolivres.com/blogtopolivres/2015/

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publié par jmlire9258 - dans Extraits de livres
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  • : Le Lecturamak
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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