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- " si je succombe avant d'avoir connu la gloire ... ]
     j'emporterai quand-même au fond de ma mémoire
     des souvenirs d'amour, ô muse, assez brûlants
     pour sourire à la mort [ ... ]


 
Philippe Chabaneix ( 1898 - 1982 )

" Un livre est  toujours, plus ou moins, une protestation contre la mort."


 Léon-Paul Fargues : "Refuges"


" Je tousse moins.  Mais je crois que c'est pour mourir sans bruit "

Pauline de Beaumont, ex - maîtresse de Chateaubriand, et atteinte de tuberculose, lui relatant dans une lettre l'évolution de son mal.. Elle mourra effectivement peu après dans les bras de l'auteur des "Mémoires d'outre-tombe"

"
Une autre histoire de la littérature française " de Jean d'Ormesson  1997

www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/


" L'humour ne sauve pas ; l'humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les évènements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique pratiquement jusqu'à la fin ; mais en définitive la vie vous brise le coeur. Quelles que soient les qualités de courage, de sang-froid et d'humour qu'on a pu développer tout au long de sa vie,  on finit toujours par avoir le coeur brisé. Alors , on arrête de rire. Au bout du compte il n'y a plus que la solitude, le froid et le silence. Au bout du compte, il n'y a plus que la mort.

                                            Nos corps deviendront froid et       simplement présents
                                            Dans l'herbe, mon Annabelle
                                            Ce sera le néant
                                            De l'être individuel

                                            Nous aurons peu aimé
                                            Sous nos formes humaines
                                            Peut-être le soleil, et la pluie sur nos tombes, le vent et la gelée
                                            Mettront fin à nos peines.   


Michel Houellebecq : " Les particules élémentaires "

http://vecteur.canalblog.com/archives/2007/04/09/4459978.html


je voudrais me voir mourir pour me dire adieu

Ludovic Janvier : " Pour une poignée de monde "  ( Lire du mois d'avril )

http://membres.lycos.fr/rascalpo/ludovicjanvier.htm


                       
" Quand je serai mort, quand se seront retirées de moi les raisons qui me portaient avec le souffle, quand mon esprit disparu aura réintégré l'immense journée où tout est égal, quand je serai redevenu petit et que mon corps se sera confondu avec la place qu'il avait occupée dans le monde, alors les vieilles contradictions, les doutes, les rythmes s'évanouiront d'eux-mêmes comme des illusions. Cet instant magique que je ne vivrais même pas aura lieu. Ce ne sera pas un passage. Ce ne sera pas une métamorphose, ni une trahison. Ce sera simplement effectué, sans heurt, sans que rien du monde bascule ou se détériore, comme un voile léger qu'on enlève, comme une goutte qui sèche sur la surface de pierre inchangée, comme une sorte d'ombre projetée qui s'efface quand s'arrête le flux lumineux qui l'avait rendue réelle. Ce que j'avais cru être la différence fondamentale entre moi et le monde, cette séparation qui avait été mon drame, tout cela fondra, se dissoudra facilement sans laisser de trace."

J.M.G Le Clézio : " L'extase matérielle "

" on meurt de rire
   on meurt de faim
   on meurt au théatre à la fin
   d'un drame où le ciel est par terre
   il est cent façons de mourir
   pour vivre on est beaucoup plus sage
   il s'agit de savoir moisir
   entre l'espoir et le fromage. "


Georges Perros : " poèmes bleus "
 

http://www.aufildemeslectures.net/?P=p&au=274


 Dans une terre grasse et peuplée d'escargots,          
  Je veux creuser moi-même une fosse profonde
  Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
  Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde "

Baudelaire : " le mort joyeux "

 


 

" (...) Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !

A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.

Alfred de Vigny : " La mort du loup "
 
http://www.facebook.com/reqs.php#/Tonvoisin.Debureau



"A quoi bon prendre la Vie au sérieux
puisque de toute façon
 nous ne nous en sortirons pas vivant?!" 

Alphonse Allais



" C'est une chose étrange à la fin que le monde                     
 un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes (...)

Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant "

Aragon


 

Bien sûr il y a nos défaites

Et puis la mort qui est tout au bout

Le corps incline déja la tête

Etonné d'être encore debout...

 

Jacques Brel : extrait de " voir un ami pleurer "

 

La mort ne représente pas grand-chose pour moi. C'est la dernière mauvaise blague d'une longue série. La mort, ce n'est pas un problème pour les morts. La mort, c'est un film comme un autre, ça va. La mort ne pose problème qu'à ceux qui restent, à ceux qui étaient liés au défunt, et les problèmes augmentent proportionnellement aux biens laissés. Si c'était un clodo des quartiers pauvres, le seul problème sera de déblayer les quelques saletés qu'il possédait. Certains sont nés une cuillère en argent dans la bouche, mais tout le monde s'en va les poches vides. Bien entendu, le cas d'un artiste est différent : il laisse derrière lui ce petit fumet parfois appelé "immortalité" et, bien sûr, plus il aura assuré dans son domaine, plus la puanteur se répandra - par mille canaux : couleur, son, page de texte, pierre... C'est la faute aux vivants, cette immortalité, ils s'accrochent à la puanteur, ils l'adorent. L'artiste n'y est pour rien, il sait que ça n'appartient pas plus à l'immortalité que ça n'appartenait à la vie ; il a tenté sa chance, ça suffit, au suivant !  

 

Charles Bukowski : extrait de " Shakespeare n'a jamais fait ça "

 

" Don Fabrizio connaissait cette sensation depuis toujours. Cela faisait des décennies qu'il sentait que le fluide vital, la faculté d'exister, la vie en somme, et peut-être aussi la volonté de continuer à vivre s'écoulaient de lui lentement mais sans discontinuer comme les touts petits grains se pressent et défilent un par un, sans hâte et sans relâche, devant l'orifice étroit d'un sablier. A certains moments d'activité intense, de grande attention, ce sentiment d'abandon continuel disparaissait pour se présenter de nouveau impassible à la moindre occasion de silence et d'introspection, comme un bourdonnement constant à l'oreille, le battement d'une horloge s'imposent quand tout le reste se tait ; nous donnant alors la certitude qu'ils ont toujours été là, vigilants, même quand on ne les entendait pas.

A tous les autres moments il lui suffisait d'un minimum d'attention pour percevoir le bruissement des grains de sable légers qui glissaient, des instants de temps qui s'évadaient de sa vie et le quittaient à jamais ; la sensation, d'ailleurs, n'était auparavant, liée à aucun malaise, et même cette imperceptible perte de vitalité était la preuve, la condition pour ainsi dire, de la sensation de vie ; et pour lui, habitué à scruter des espaces extérieurs illimités, à explorer de très vastes abîmes intérieurs, elle n'était pas du tout désagréable : c'était celle d'une dégradation continue, très faible, de la personnalité jointe cependant au vague présage de la reconstitution ailleurs d'une individualité ( grâce à Dieu) moins consciente mais plus vaste : ces petits grains de sable n'étaient pas perdus, ils disparaissaient, oui, mais ils s'accumulaient qui sait où pour cimenter une masse plus durable. le mot masse, pourtant, avait-il réfléchi, n'était pas exact, lourd comme il était ; et grains de sable, d'ailleurs, non plus : c'étaient plutôt comme des particules de vapeur aqueuse qui s'exhalaient d'un étang étroit, pour aller haut dans le ciel former les grands nuages légers et libres. Il était parfois surpris de ce que ce réservoir vital pût encore contenir quelque chose après tant d'années de perte. " Il n'était quand même pas aussi grand qu'une pyramide ! " D'autre fois, plus souvent, il s'était enorgueilli d'être presque le seul à éprouver cette fuite continue tandis qu'autour de lui personne ne semblait ressentir la même chose ; et il en avait tiré un motif de mépris à l'égard des autres, comme le vétéran méprise le conscrit vivant dans l'illusion que le bourdonnement des balles autour de lui est celui de grosses mouches inoffensives. Ce sont là des choses qui, on ne sait d'ailleurs pourquoi, ne s'avouent pas ; on laisse aux autres la possibilité d'en avoir l'intuition et personne autour de lui ne l'avait jamais eue, aucune de ses filles qui rêvaient d'un outre-tombe identique à cette vie, un ensemble complet de magistrature, cuisiniers, couvents et horlogers, de tout ; ni Stella qui, dévorée par la gangrène du diabète, s'était malgré tout accrochée mesquinement à cette existence de douleurs. Seul Tancredi peut-être avait compris un instant quand il avait dit avec son ironie rebelle : " Toi, mon oncle, tu courtises la mort. " Maintenant cette cour était finie : la belle avait dit oui, la fuite était décidée, le compartiment dans le train réservé... "

Extrait de " Le guépard " de Giuseppe Tomasi Di Lampedusa, 1958

 

" Tu te reposeras pour toujours,

  Mon coeur las. Est morte l'ultime illusion,

  Qui me faisait croire immortel. Morte. Je sais bien,

  Dans mes rêves les plus chers,

  Que non seulement l'espoir mais aussi le désir s'est éteint.

  Repose pour toujours. Tu as assez

  Battu. Rien ne mérite

  Tes fièvres, et d'aucun soupir n'est digne

  La terre. Amertume et ennui,

  La vie, jamais rien d'autre ; et fange est le monde.
  Apaise-toi, maintenant. Désespère

  Une dernière fois. A notre espèce le destin

  N'a donné que de mourir. Méprise désormais

  Et toi-même, et la nature et la brutale

  Puissance qui, cachée, régit le malheur universel,

  Et l'infinie vanité de tout.

 

Giacomo Leopardi : " A soi-même", Chants 1833

 

" "Ceux qui ont une âme sombre ne font que des rêves sombres. Ceux qui ont une âme encore plus sombre ne rêvent pas." Voilà ce qu'avait coutume de répéter ma grand-mère.

  La nuit où elle mourut, mon premier geste fut dfe lui abaisser doucement les paupières. En même temps que je lui fermais lezs yeux, les rêves qu'elles n'avait cessé de faire durant soixante-dix-neuf ans s'en allèrent aussi silencieusement qu'une pluie d'été sur un chemin, et ensuite, il ne resta plus rien "

 

Haruki Murakami, extrazit de " Ecoute le chant du vent " Belfond 2015


 

haruki murakami

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  • : Le Lecturamak
  • : " Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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