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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 23:50

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 18:47
Funambule sur un fil de fer tendu au-dessus de la rue Saint-Denis dans le cadre du festival Montréal complètement cirque
Funambule, photo Jeangagnon, 17 juillet 2016

 

Il y avait là une certaine arrogance mais, sur le fil l'arrogance était affaire de survie. C'était le seul moment où il pouvait totalement se perdre. Il se faisait parfois l'impression d'un homme qui voulait se détester. Se débarrasser de ce pied. De cet orteil. De ce mollet. trouver le lieu de l'immobilité. Cela tenait au vieux principe de la guérison par l'oubli. Devenir anonyme pour soi-même, se laisser absorber par son corps. Cependant les réalités se chevauchent : il voulait que l'esprit accompagne la chair jusqu'au cœur du bien-être.

   Cela ressemblait à faire l'amour avec le vent. le vent qui complique tout, qui s'emporte, qui lentement se dédouble, nous contourne et revient. Et le fil était frère de la souffrance : il serait toujours là à lui étriller les pieds, à peser sur le balancier, lui élancer les bras, lui dessécher la gorge, cependant la joie dominait la douleur, alors qu'importe. Même chose avec le souffle. Que le câble respire, pour qu'il puisse s'effacer. La sensation de se perdre jusqu’au dernier nerf, jusqu'à la cuticule. C'était ça dans les tours. La raison flottait. Le temps disparaissait. Le vent soufflait et peut-être son corps le sentait-il dès avant sa naissance.

   Il avait commencé depuis longtemps quand les hélicos de la police sont arrivés. Deux moucherons de plus dans les hauteurs : pas de quoi s'affoler. Leurs battements conjugués semblables à une rupture de cartilage. Ils n'essaieraient pas de l'approcher, bien sûr. Ils n'étaient pas stupides à ce point, supposait-il. Il n'en revenait pas que les sirènes puissent couvrir tous les sons : c'était comme si elles s'écoulaient vers le ciel. Il y avait maintenant des dizaines de flics sur le toit, criant après lui, courant dans tous les sens. Tête nue, retenu par un harnais bleu, l'un d'eux se penchait dans le vide entre deux colonnes de la tour sud, le traitant d'enculé, putain sors de ce putain de câble, connard, magne toi le cul avant que je t'envoie l'hélico, on va t'arracher de là, tu m'entends, tête de nœud, dégage ! Et le fil-de-fériste pensait : " Mais en voilà un drôle de langage." Et d'ailleurs, comment attrape-t-on un funambule ? Souriant, il a fait demi-tour et remarqué d'autres agents, du côté opposé, plus calmes, courbés sur leur talkies-walkies. Il entendait presque les parasites. Non, il ne voulait pas se payer leur tête, il voulait simplement rester : sans doute ne pourrait-il jamais recommencer.

   Les cris, les sirènes, et les mornes sonorités du dessous. À laisser ronronner, fondre dans le bruit blanc. Le silence ultime qu'il cherchait était exactement au milieu, à trente mètres de chaque tour, et il fermait les yeux, immobile, sur un câble disparu, l'air de la ville dans les poumons.

  Des cris au mégaphone : 

   - On envoie l'hélico ! On envoie l'hélico ! Dégage !

  Il a souri : jamais ils ne le feraient.

   - Tout de suite ! C'est un ordre !

   Il s'est demandé si la mort se présentait ainsi, le monde et ses rumeurs dont on se détache si facilement.

   Il s'est rendu compte qu'il avait conçu le premier pas sans jamais imaginer le dernier. Donc finir en beauté. Se tournant vers le mégaphone, il a attendu un peu. Baissé la tête comme pour signifier son accord. Oui, il venait. Il a levé un genou. Sa silhouette noire est visible d'en bas. La cuisse bien haute pour souligner l'effet. Une arabesque avec la jambe. La marche du canard. Puis un pied après l'autre, ainsi de suite, machinalement, et enfin au pas de course, la plante bien au milieu du câble, les orteils de biais, le balancier le pus loin possible, jusqu'au rebord de béton. Jamais il n'avait couru si vite sur un fil.

   Le flic a dû reculer pour l'attraper. Il lui tombait dans les bras.

   - P'tit con, a-t-il dit, avec un sourire cette fois..."

 

 

Colum Mc Cann : extrait de "Et que le vaste monde poursuive sa course folle", Belfond, 2009

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25 décembre 2019 3 25 /12 /décembre /2019 19:50

" Anna interdisait qu'on parle de sa maladie à quiconque. Les gens se doutaient qu'il y

John Banville (2019) photo Jindřich Nosek
John Banville (2019) photo J. Nosek .

avait quelque chose mais, jusqu'en phase terminale, ils n'avaient pas soupçonné que ce qu'il y avait, c'était que, pour elle, la partie s'achevait. On avait même laissé à Claire le soin de deviner que sa mère se mourait. À présent que c'était fini, quelque chose de nouveau avait commencé pour moi : la délicate affaire d'être le survivant...

 " Tu es fou, s'était écrié Claire, tu vas mourir d'ennui là-bas" 

  Facile à dire pour elle, avais-je répliqué, elle s'était dégoté un nouvel appartement, très chouette - sans perdre de temps, n'avais-je pas ajouté.

  " Alors, viens vivre avec moi, avait-elle riposté, il y a assez de place pour deux."

  Vivre avec elle ! De la place pour deux ! Mais je m'étais borné à la remercier et lui avais dit non, que je souhaitais me débrouiller tout seul. Je ne supporte pas la façon dont elle me regarde à présent, toute en tendresse et en inquiétude filiale, la tête penchée exactement comme Anna autrefois, un sourcil arqué et le front plissé par la sollicitude. Je ne veux pas de sollicitude. Je veux de la colère, des vitupérations, de la violence. Je suis pareil à un type affligé d'une rage de dents qui, malgré la douleur, prend un malin plaisir à enfoncer encore et toujours le bout de la langue dans la cavité douloureuse. J'imagine un poing surgi de nulle part et me frappant en pleine poire, c'est tout juste si je ne sens pas le coup sourd, si je n'entends pas l'arête de mon nez se briser et cette idée me procure  un sentiment de satisfaction pitoyable. Après les funérailles, une fois les gens revenus à la maison - c'était affreux, presque insupportable - , j'avais serré un verre de vin si violemment qu'il avait cassé entre mes doigts. Gratifié, j'avais regardé couler mon sang comme s'il s'était agi de celui d'un ennemi que j'aurais tailladé avec sauvagerie..."

 

John Banville : extrait de "La mer" Robert Laffont, 2007

 

 

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 09:41
Belfast
Belfast

Seulement tard dans la nuit et d'un point de vue élevé, vous contemplez la ville comme une chose unique, un phénomène unifié. quand tous dorment, le chaos diurne trouve son unité et, au moins géographiquement, la ville apparaît comme une entité globale. On la voit entourée de ses cercles de basalte noir, de montagnes, de falaises et de plateaux. On aperçoit dans la vaste baie la mer obscure qui lape les fondations de la métropole et mouille jusqu'à son cœur. On remarque alors que Belfast est, très littéralement, une décharge. Son centre est bâti sur un terrain plat qui n'était tout simplement pas là il y a deux siècles. On a déversé de la terre dans la mer et on y a construit Belfast. Terre rapportée, artifice urbain. La ville est une plage surélevée, un contrefort. Les autochtones disent qu'elle est sortie de l'eau comme une déesse, mais en vérité elle a été jetée à la mer et n'a point coulé.

Belfast, c'est Rome avec davantage de collines ; c'est l'Atlantide sauvée des flots. Et, où qu'on soit, où qu'on regarde, les rues brillent comme des bijoux, comme de menues guirlandes d'étoiles. 

Selon certains, la ville compte 279 000 habitants, 130 000 hommes et 149 000 femmes, et tous ces gens se pressent sur 11 489 hectares. Selon certains, il y a ici un million et demi d'âmes - le Grand Belfast est aussi Belfast. Deux cathédrales, quelques quais, un port, de nombreuses collines et montagnes. Une ville située au niveau de la mer et tout au bord des terres.

Mais indépendamment du nombre de ses habitants et de sa taille, elle est magique. Cette nuit là, les rues exhalent une odeur lasse et éventée, l'air est plein de regret et de désir. Le temps semble passer et passé. La ville apprend à vieillir."

 

Robert Mc Liam Wilson : extrait d'Euréka Street, Christian Bourgois, 1997.

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 18:07

" Sir,

Vous avez publié une critique de mon récit, Le portrait de Dorian gray. Celle-ci étant d'une grossière injustice à mon encontre en tant qu'artiste, je vous demande de m'autoriser à exercer mon droit de réponse dans vos colonnes. Tout en reconnaissant que le récit en question est " clairement l’œuvre d'un homme de lettres", l’œuvre d'un écrivain ayant "de l'esprit, du savoir faire et du style", votre critique, sir, suggère avec le plus grand sérieux, apparemment, que je l'ai écrit à fin d'être lu par les éléments les plus corrompus des classes criminelles et illettrées. Je ne pense pas, sir, que lesdites classes criminelles et illettrées lisent autre chose que les journaux, ni qu'elles soient susceptibles de comprendre quoi que ce soit issu de ma plume. Passons donc sur ce point et laissez moi aller à la vaste question de "pourquoi" un homme de lettres écrit, pour commencer. A ce propos, je dirai ceci : le plaisir que l'on éprouve à créer une œuvre d'art est une émotion purement personnelle, et c'est dans la recherche de ce plaisir que l'on crée. L'artiste travaille l’œil rivé à son sujet ; rien d'autre ne l'intéresse ; ce que les autres en diront probablement est une question qui ne lui effleure même pas l'esprit. Il est fasciné par ce qu'il a devant lui, indifférent au reste des humains. J'écris parce que cela me procure le plus grand plaisir artistique qu'il soit possible d'éprouver. Si mon œuvre séduit quelques-uns, j'en suis content ; si cela n'est pas le cas, je n'en ressens aucun chagrin. Pour ce qui est de la foule, je n'ai aucun désir d'être un romancier populaire. C'est trop facile.

Votre critique, sir, commet donc l'impardonnable crime de tenter de confondre l'artiste avec son sujet. Il n'y a aucune excuse à une telle faute, sir. A propos de celui qui constitue la plus formidable personnalité de la littérature mondiale depuis le temps des Grecs*, Keats a remarqué qu'il prenait autant de plaisir à concevoir le mal que le bien. Invitez votre critique, sir, à mesurer la portée de cette fine analyse de Keats, car c'est dans cette sphère que tout artiste travaille : il se tient éloigné de son sujet, le crée, puis le contemple. Plus loin il reste vis-à-vis de lui, plus libre il est dans son travail. Votre critique laisse entendre que je n'établirais pas assez clairement si je préfère la vertu au vice, ou le vice à la vertu. Un artiste, sir, n'a cependant aucune préférence éthique : pour lui, vice et vertu ne sont rien de plus ni de moins que, pour un peintre, les couleurs sur sa palette. Il perçoit l'effet artistique qui peut être produit en les utilisant, et s'y emploie. Iago peut être moralement repoussant, Imogène d'une pureté immaculée, mais Shakespeare, ainsi que Keats l'a dit, a éprouvé pareil ravissement en créant le premier comme le deuxième.

Il était indispensable au développement dramatique de ce récit, sir, d'entourer Dorian Gray d'une atmosphère de corruption morale. Sans cela, l'histoire n'aurait pas eu de sens ni l'intrigue de portée. Conserver cette atmosphère dans le vague, l'indéterminé, le merveilleux, était l'objectif de l'artiste qui l' a écrite. Je prétends, sir, qu'il y est parvenu. Tout homme voit ses propres pêchés en Dorian Gray. Quels sont ceux de Dorian Gray, nul ne le sait. Celui qui les découvre les y aura lui-même placés..."

 

Oscar Wilde, lors de son procès. Extrait de " Le procès d'Oscar Wilde" Éditions Stock, collection La Cosmopolite 2005

https://lmda.net/2005-11-mat06846-merlin_holland?debut_articles=%404870

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Wilde

*Shakespeare

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 17:18

" M. Osmand enseignait le français et très occasionnellement, le latin, dans la petite école crasseuse, aussi modeste que dénuée d'ambition, où j'allais en classe. Il était là depuis de nombreuses années, mais j'avais déjà quatorze ans lorsque je devins son élève, armé de ma solide réputation de cancre. Jusque-là, je n'avais pratiquement rien appris. Je savais ( tout juste ) lire, mais quoique ayant assisté à des cours d'histoire, de français, de mathématiques, je n'avais assimilé de ces sujets qu'une connaissance minime. Quand je me rendis compte enfin qu'on avait simplement renoncé à m'enseigner quoi que ce soit, je compris mieux que par les sermons des magistrats, mon état d'épave, et ma colère, mon sentiment d'injustice s'accrurent. Car mon désespoir naissant s'accompagnait de l'idée torturante que malgré tout, j'étais intelligent, que j'avais un cerveau, même si je n'avais jamais voulu m'en servir. J'étais capable d'apprendre des choses, mais c'était trop tard maintenant et personne ne me le permettrait. Vint M.Osmand qui posa sur moi un regard calme. Il avait les yeux gris. Il m'accorda toute son attention.
   Je soupçonne que de nombreux enfants sont sauvés par des saints et des génies de ce genre. Pourquoi la richesse n'est-elle pas assurée à de tels êtres par la société reconnaissante ? Comment au juste se produisit le miracle, c'est une autre histoire dont je ne me souviens pas très clairement. Mon esprit s'éveilla soudain. La lumière entra à flots. Je me mis à apprendre. Je me mis à vouloir exceller dans un domaine nouveau. J'appris le français. Je débutai le latin. M. Osmand me promit le grec. La capacité d'écrire couramment une prose correcte en latin commença à m'offrir une échappatoire ( peut-être littéralement ) à la prison, m'ouvrit juste à temps des perspectives plus grisantes, plus glorieuses que je n'avais jamais su en rêver jusque-là. Au commencement fut le verbe. Amo, amas, amat me servit de Sésame, ouvre-toi ; " apprendre ces verbes d'ici vendredi " fut l'essence de mon éducation ; peut-être que cela constitue d'ailleurs , mutatis mutandis, l'essence de toute éducation. J'appris aussi, bien entendu, ma propre langue, demeurée jusque là idiome étranger dans une certaine mesure. J'appris de M. Osmand comment écrire la meilleure langue du monde avec précision, clarté, et pour finir, une élégance sans faiblesse. Je découvris les mots, et les mots firent mon salut. Je n'étais pas un enfant de l'amour, sinon dans une acception très altérée de ce terme ambigu. Je fus un enfant du verbe. "

Iris Murdoch : " Un enfant du verbe " Gallimard 1979

 

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 17:04

    "   Un raclement de griffes se faisait entendre derrière le rideau couvrant une fenêtre ouverte. Le tapage des oiseaux était déjà intense autour de la maison, mais le bourdonnement sourd des petits insectes n'avait pas encore commencé. La circulation était à peine existante sur la route lointaine.

       Le bruit de griffes fut suivi par celui d'une chute sur le plancher de la pièce, et tout redevint immobile. On entendit comme un objet lourd que l'on traînait par terre, en direction du lit. Tous les matins ou presque, la chatte noire entrait dans la chambre en passant par la fenêtre. Habituellement, elle ne faisait pas de bruit, sauf lorsqu'elle arrivait avec des souris ou des petits oiseaux avec lesquels elle jouait  en faisant un vacarme qui réveillait toute la maison. le bruit était plus fort et plus inquiétant que celui d'un chat revenant avec sa proie.

       Kate continua de dormir malgré le bruit. Elle enfonça même son visage davantage dans l'oreiller, comme pouir chercher un sommeil plus profond..

       D'un seul bond, la chatte atterrit au pied du lit, les griffes enfoncées dans la couverture blanche pour ne pas être entraînée vers le bas par le poids qu'elle portait. Elle attendit d'avoir assuré son équilibre au bord du lit pour avancer et déposer l'animal sous l'épaule dressée de Kate. Puis elle s'assit, bien droite, et se mit à ronronner. L'animal qu'elle avait rapporté  était un jeune lièvre, dont le pelage brun était étendu sur la couverture blanche, avec le blanc du ventre qui luisait faiblement dans l'obscurité. Toute l'attention de la chatte était concentrée sur la femme endormie.

       Lorsqu'elle était sauvage et affamée, Kate lui portait à manger. Derrière un arbre, la chatte observait la manoeuvre sans abandonner la sécurité de l'arbre tant que la femme n'était  pas repartie. Elle finissait par venir, en rampant sur le sol, à condition que Kate reste à distance respectable. Jusqu'au jour où, après avoir vidé l'assiette, elle resta sur place pour se nettoyer le museau au lieu de filer se remettre à couvert.
       Pour être désormais apprivoisée et passer plus de temps dans la maison que dans les champs, elle n'avait jamais cessée tout à fait d'être sauvage. Elle avait dû tomber sur le levraut alors qu'il dormait tranquillement dans l'herbe haute, ou le prendre en chasse lorsqu'il avait tenté de s'enfuir à travers les ondulations denses de la prairie.
        Lasse de rester assise sur le lit sans aucune réaction de la femme endormie, la chatte saisit de nouveau le lièvre et avança jusqu'à pouvoir lâcher sa proie sur la gorge de Kate.
       Ruttledge était prisonnier de la fascination de l'observateur. Il aurait pu tendre la main et soulever le levraut, mais il se sentait impuissant, comme s'il faisait partie d'un rêve.

       Avant qu'il réussisse à faire un geste, les mains de kate sortirent de sous les draps et tâtonnèrent du côté de la gorge, comme si elles avaient l'autonomie de deux petits animaux distincts. Au contact de la fourrure tiède, elles s'immobilisèrent brusquement, tandis que Kate se redressait avec un cri, envoyant valser le petit lièvre.
       " Quelle horreur ! "
       La chatte se retrancha dans l'angle du lit devant cette explosion, mais tînt sa position. Ruttledge alluma la lampe de chevet.
       " Comment est-ce arrivé ici ? "
       - Ta chatte l'a apporté. En passant par la fenêtre.
       - Pourquoi ne l'as tu pas empêchée ?
       - Je ne savais pas ce qu'elle allait faire. "
       Soulagée de la tension provoquée par sa frayeur, Kate tendit la main pour attraper le chat d'un geste vif. " espèce de sale bête ! pauvre petit, qu'est-ce que c'est ?
       - Un jeune lièvre - à peine grandi. "
       La chair était encore tiède. Un filet brillant et écarlate coulait des naseaux. Il y avait une mince tache rouge, semblable à un rail, sur le couvre-lit blanc. Il souleva le levraut qu'il déposa sur le plancher, hors de vue.
       " Pourquoi m'as-tu fait une chose pareille ? " Le chat réagit à l'intonation de la voix en ronronnant encore plus fort, avant de venir chercher compliments et caresses. "

John McGahern : extrait de " Pour qu'ils soient face au soleil levant "  ( Albin Michel 2003 )


 

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  • : Le Lecturamak - 2021 Centenaire Georges Brassens
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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