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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 18:02

" La capacité de créer un être " surintelligent " pourrait représenter la fin d' Homo sapiens. Nous avons connu plusieurs révolutions à travers l'histoire, mais une chose demeure inchangée : l'homme lui-même. La révolution cognitive qui nous a fait passer de singe insignifiant à maître du monde n'a, selon les scientifiques, impliqué que de menus changements dans la structure interne du cerveau. Un autre "petit" changement suffira peut-être à créer une seconde révolution cognitive et à transformer l'homme en un être différent en faisant fusionner biotechnologie, intelligence artificielle..., pour développer de supercapacités cognitives et mentales, allonger la durée de vie et relier des cerveaux humains à des ordinateurs. Il ne semble pas qu'une barrière technique insurmontable nous sépare de la production de surhommes ou de cyborgs, mêlant éléments naturels et artificiels. Google a récemment crée une société de biotechnologie, Calico, dont l'objectif est de triompher de la maladie, de la vieillesse et de la mort. On pourrait donc imaginer une petite élite de "superhumains" milliardaires, bénéficiant de très longues vies et de capacités augmentées, et un fossé plus abyssal que jamais entre ces derniers et la masse de pauvres sans emplois et "inutiles"...

De nombreux experts estiment que d'ici à quarante ans une grande partie des emplois humains seront assurés par l'intelligence artificielle et que la question politique du XXIème siècle sera en effet : qu'allons nous faire de ces milliards de gens "inutiles", qui n'auront aucune fonction dans l’économie ? ce qui me préoccupe, c'est que nous laissons un petit groupe d'entreprises privées, Google, Facebook ou IBM, décider de ces orientations majeures. Si l'on veut s'opposer à ces projets de transhumanisme, qui prônent l'usage des sciences et des croyances pour améliorer nos caractéristiques physiques et mentales, on ne peut se contenter de pousser des cris d'horreur "

 

Yuval Noah Harari : extrait d'entretien dans le magazine Télérama n°3426 Septembre 2015

https://www.telerama.fr/idees/sapiens-l-homme-qui-se-racontait-des-histoires,131186.php

 

" Le projet transhumaniste emmené par Ray Kurzweil pour le compte de Google consiste à penser que les robots vont devenir tellement performants que l'homme, pour ne pas être dépassé, doit utiliser les mêmes technologies pour se transformer. Cela ne concernerait évidemment que quelques privilégiés et la société qui en résulterait serait effroyablement inégalitaire. Mais ces humains modifiés seraient-ils vraiment enviables ? ils ignoreraient la vieillesse et la mort, mais aussi la filiation et l'amour. Or toute la culture de l'humanité repose sur ces questions. Pour moi , ce ne seraient plus des hommes augmentés, mais des hommes diminués, à qui tout le patrimoine de l'humanité serait devenu étranger. Comment pourraient-ils comprendre Shakespeare ? "

 

Serge Tisseron : extrait d'entretien dans le magazine 01Net n°826, septembre 2015

https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Tisseron

 

la fin d' Homo sapiens ?

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 18:34

 

 

" Je me lève tous les matins à cinq heures pour entamer ma journée par une promenade. En me baladant dans le désert, j'ai l'impression d'être un fragment du monde. Ce lieu apaisant m'apporte le silence, ainsi qu'une certaine distance et une mise en perspective. Ces trois éléments sont fondamentaux pour l'écriture. De retour à la maison, j'allume la radio. Un flot de nouvelles m'assaille. Je sens dès lors que les pierres du désert se moquent de moi et du monde dans lequel nous vivons. Le silence constitue l'inspiration qui me porte. "

Amos Oz : extrait d'entretien, magazine Transfuge n°36, janvier 2010

 

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 17:30

 " Tous mes personnages sont des solitaires auxquels il manque quelquechose. Si la solitude traverse l'ensemble de la littérature, c'est parce qu'elle est présente à l'intérieur de chaque être humain. Imaginez qu'on construise un pont sur lequel passent quotidiennement cinquante mille voitures. Face à cette banalité, il n'y a rien à raconter. Or si le pont s'effondre, l'histoire commence. Moi, j'écris sur les ponts qui s'écroulent. "

Amos Oz : extrait d'entretien, magazine Transfuge n°36, janvier 2010


 

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 19:03

Vincent Rémy ( Télérama ) :  Quel bilan tirez-vous de l'offensive israélienne sur Gaza ?


Shlomo Sand : " Le timing électoral était parfait ! Avant les élections israéliennes et en prenant soin de retirer les chars à la veille de l'investiture d' Obama, Ehud Barak a planifié ce blitz, un déluge de bombes qui ne mettait pas en danger la vie des soldats israéliens. Nous avons semé la désolation, tué 1 300 Palestiniens, en avons blessé plus de 5 000, les deux tiers sont des femmes et des enfants, presque tous victimes de notre aviation. Le Hamas est-il éliminé ? Avons-nous renforcé le camp de la paix chez les Palestiniens ?...

V.R : La gauche, et même des écrivains comme Amos Oz ou Avraham B. Yehoshua, ont approuvé ces bombardements...

Sh.S :
 C'est une habitude chez nous. Au début de chaque guerre, depuis 1973, Israël reçoit le soutien des intellectuels de la gauche sioniste. Il faut attendre quelques semaines pour qu'ils changent d'avis. Une personne nous manque beaucoup aujourd'hui, le professeur Yeshayahou Leibowitz, grand philosophe mort en 1994 qui s'est toujours battu contre les guerres non défensives d'Israël, et qui laisse un grand vide moral.

V.R : Parce que cette guerre était pour vous non défensive ? Des roquettes tombaient sur les villes israéliennes...

Sh.S
:  Bien sûr, il n'est pas normal que des roquettes tombent sur Israël.
Mais est-il plus normal qu'Israël n'ait toujours pas décidé quelles étaient ses frontières ? Cet Etat qui ne supporte pas les roquettes est aussi un Etat qui ne veut pas renoncer aux territoires conquis en 1967. Il a refusé l'offre de la Ligue arabe en 2002 d'une pleine reconnaissance d'Israël dans les frontières d'avant 1967.

V.R : Mais le Hamas, lui, ne reconnaît pas Israël.  

Yeshayahou Leibowitz

                      
Sh.S :
 Le Hamas, ce mouvement bête, pas diplomate, avait proposé une oudna, une trêve de longue durée à Gaza et en Cisjordanie. Israël a refusé parce qu'elle veut continuer de tuer des militants du Hamas en Cisjordanie, soit une quinzaine en octobre-novembre après des mois de calme. Israël a donc eu sa part de responsabilité dans la reprise des tirs de roquettes. Au lieu de renforcer le courant modéré du Hamas, Israël pousse les Palestiniens au désespoir. Nous avons ghettoïsé une population entière et refusons de lui accorder sa souveraineté depuis quarante-deux ans. Comme je suis indulgent envers Israël, je dirai seulement depuis vingt ans, 1988, date à laquelle Arafat et l'Autorité palestinienne ont reconnu l'Etat d'Israël, sans rien avoir gagné en échange. Qu'on comprenne bien : je n'accepte pas les positions du Hamas et surtout pas son idéologie religieuse, parce que je suis un homme laïc, démocrate, et assez modéré. Comme Israëlien et comme être humain, je n'aime pas les roquettes. Mais comme Israëlien et historien, je n'oublie pas que ceux qui les lancent sont les enfants et petits-enfants de ceux qui ont été chassé de Jaffa et d'Ashkelon en 1948. Ce peuple de réfugiés, moi, Shlomo Sand, je vis sur la terre qui était la sienne. je ne dis pas que je peux leur rendre cette terre. Mais que chaque offre de paix doit partir de ce constat. Quiconque oublie cela n'arrivera jamais à offrir aux Palestiniens une paix juste.

V.R : Mais, disent les partisans de ces bombardements, Israël s'est retiré de Gaza, et les roquettes ont redoublé.                                                                     

SH.S :
C'est absurde ! Imaginez que les Allemands, comme ils l'ont fait en 1940, occupent aujourd'hui le nord de la France et pas le Sud. Vous diriez qu'ils respectent le droit à l'autodétermination des Français ? Sharon s'est retiré unilatéralement de Gaza pour ne pas faire la paix avec Arafat, et ne pas renoncer à la Cisjordanie. Mais les Palestiniens n'ont pas demandé une réserve d'Indiens à Gaza ! Ils demandent un Etat palestinien indépendant en Cisjordanie et à Gaza...

V.R : Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, dit pourtant qu'Israël ne doit pas courir au suicide au nom des bons sentiments.

Sh.S :
Mais de quoi parle-t-on ? Qu'est-ce-qui menace notre existence ? Nous avons le meilleur armement et le soutien de la première puissance mondiale. Le monde arabe nous propose une paix globale sur les frontières de 1967. La dernière guerre qui a menacé l'existence d'Israël remonte à trente-cinq ans ! Est-ce qu'il ne comprend pas ça, ce grand rabbin ?

 

V.R : Il n'est pas le seul. André Gluckmann, à propos des bombardements israéliens, écrit qu'il n'est pas disproportionné de vouloir survivre .

Sh.S : Vous me parlez d'un homme qui a admiré Mao ! Ces mecs de 1968, qui ont soutenu toutes les horreurs chinoises, jamais ils n'ont fait une autocritique, jamais ils n'ont essayé de comprendre pourquoi
  ils s'étaient identifiés au totalitarisme. Aujourd'hui, André Glucksmann, comme Bernard-Henri Lévy, sont toujours du côté de la force, à Jérusalem cette fois. Ils n'ont pas changé

V.R. : Mais Bernard-henri Lévy rappelle que Tsahal téléphonait aux habitants pour leur dire de fuir les bombardements, qu'Israël a tout fait pour éviter les victimes civiles...

Sh.S :
Ah, Israël a téléphoné, Israël a pris des précautions ? Mais où pouvaient-elles aller, les familles palestiniennes ? C'est vrai, Israël a pris beaucoup de précautions. Mais pour ses troupes ! Ces morts-là nous préoccupent beaucoup car nous sommes devenus une société individualiste et hédoniste, et nos dirigeants sont très soucieux de leur réélection.

V.R : BHL rappelle aussi que le Hamas a utilisé la stratégie des boucliers humains...

Sh.S :
Quelle hypocrisie ! A-t-il oublié Mao : un mouvement de résistance doit se couler dans la population comme un poisson dans l'eau ? Le Hamas n'est pas une armée, c'est un mouvement de résistance terroriste qui agit comme tous ceux qui l'ont précédé, Viet-cong ou FLN. C'est justement parce que nos dirigeants savaient cela qu'ils avaient le devoir de privilégier la diplomatie, pour ne pas commettre ce massacre de civils. Nous avons fait la preuve que nous n'avons aucune retenue morale, pas plus que la France en 1957 en Algérie qui a détruit des villages entiers. Maintenant, ce qui me choque plus que jamais, c'est que cet Etat que j'ai servi comme soldat durant deux guerres, et qui se définit depuis sa Déclaration d'indépendance en 1948 comme l'Etat de tous les juifs, appartienne davantage à Bernard-Henri Lévy qu'à mes amis universitaires qui vivent ici, payent leurs impôts ici, mais sont d'origine arabe. Qu'est-ce que ça veut dire être sioniste quand on vit en France, qu'on ne veut pas vivre sous l'autorité juive, et qu'on s'identifie au pire de la politique des dirigeants d'Israêl ? Ca veut dire contribuer à la montée de l'antisémitisme.


Extraits d'une interview de Shlomo Sand dans Télérama 3081, 28 01 2009

 

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 18:24

" Nous n'y prêtons pas attention, mais le monde capitaliste occidental chasse les gens de leur emploi, les humilie, leur impose ses valeurs. La violence est aussi sociale, psychologique, spirituelle "

Avraham Burg : entretien dans " Lire " de février 2008

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  • : Le Lecturamak - 2021 Centenaire Georges Brassens
  • : "Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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