Publié le 14 Décembre 2011

" Les grands metteurs en scène de théâtre, il n'y en a pas tant que ça. C'est inexplicable, c'est une alchimie. Avec Klaus Michael Gruber, c'était une cure d'amaigrissement. Quelque chose d'extraordinaire ; l'art contre la culture. Depuis, j'ai souvent l'impression de faire de la culture et très peu d'art. L'art, c'est monstrueux, indescriptible, c'est méchant, sans concession. Le public ne s'y intéresse pas. Tout le reste, c'est de la culture, de la politique culturelle, de la culture d'entreprise...

  Récemment, un évènement m'a rendu fou, c'est la pétition qui a circulé pour défendre la pièce de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, au Théâtre de la Ville. Notre génération pétitionne, se lamente sans arrêt. On mobilise je ne sais combien de CRS pour quarante catholiques intégristes. Au lieu d'aller nous-mêmes leur mettre une raclée. On n'a même pas besoin d'être courageux, on est six cents, ils sont quarante ! On devrait être contents qu'ils nous attaquent, nom de Dieu ! Au lieu de cela, l'auteur s'excuse presque en disant qu'il est ausssi chrétien. Permettez-moi de citer Brecht : " Faire du théâtre, c'est organiser le scandale. " Et Heine Muller : " Qu'on me donne un ennemi !  On fuit les conflits, on a peur de tout, et en même temps, chacun s'arrange dans son coin. Les CRS défendent le théâtre de gauche, le directeur du théâtre peut faire chaque soir son speech, les pétitionnaires se font leur pub. Tout cela au nom de la gauche, au non d'une sacro-sainte liberté d'expression extraordinairement abstraite ! "

 

André Wilms : extrait d'un entretien pour Télérama du 14/12/2011

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Wilms

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Klaus_Michael_Gr%C3%BCber

 

 

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Rédigé par jmlire9258

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Publié le 7 Décembre 2011

" Si l'architecture avait déjà une valeur d'usage, ce serait bien. Elle est surtout dans le logement et le tertiaire, prétexte à se goinfrer pour les promoteurs cyclistes végétariens non-fumeurs de gauche, dans des conditions de production difficiles pour les travailleurs, c'est à dire les entreprises, les cadres et les ouvriers... Ce n'est pas seulement la créativité qui est menacée, mais le cœur même des métiers du bâtiment. A force de toujours vouloir tirer les prix, les commanditaires ont fini par laminer tout un tissu de PME spécialisées dans des domaines pointus : charpente, menuiserie, serrurerie... Les artisans sont virés, les managers des écoles de commerce sont au pouvoir. Sur les chantiers, il n'y a plus que des apprentis sous-payés et des cadres qui n'encadrent pas.

  Et pendant ce temps là, nos architectes, héros radicaux de la sévérité conceptuelle, habitent les beaux quartiers du Paris haussmannien. Et dans leurs beaux salons à parquet à chevrons et plafonds en staff mouluré, ils ne jurent que par cet abruti d'Adolf Loos [1870 - 1933 ], l'architecte minimaliste autrichien pour qui l'ornement est un crime "

 

Rudy Ricciotti : extrait d'entretien pour Télérama 3229 du 30 nov 2011

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudy_Ricciotti

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Loos

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Rédigé par jmlire9258

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