Mozart et Mandela
Publié le 27 Juin 2008
"Une oeuvre que je ne peux pas recontextualiser ne m'intéresse pas. Dans les années 1980, j'ai refusé de monter, à Glyndebourne, La Clémence de Titus, le dernier opéra de Mozart. Je ne comprenais pas cette histoire de cité brûlée, de roi sauvé de la mort et qui finit par gouverner avec ses assassins. Cette belle utopie m'agaçait. Il a fallu la libération de Nelson Mandela pour m'éclairer. Mandela, qu'on donnait pour mort, arrive au pouvoir, organise la commission Liberté et Réconciliation pour mettre meurtriers et victimes face à face, et invite ses ennemis d'hier à participer au gouvernement afin que tous se sentent en sécurité parce que responsables de leur avenir. Vous réalisez ? Le dernier message de Mozart est une réponse au terrorisme !
Peter Sellars : extrait d' entretien dans Télérama n° 3050