Lente promenade
Publié le 19 Août 2008
Joséphine m'a frotté les épaules. Elle m'a secoué et la douleur du sang revenant dans toutes mes veines m'a donné un grand coup de fouet. Puis elle m'a pris le bras et nous sommes allés, curieux couple, dans la neige et le matin d'hiver. Nous avons marché sans rien nous dire. Parfois , je regardais son vieux visage pour y retrouver ses traits de fillette. Mais autant retrouver de la chair autour des squelettes. je me laissais faire comme un enfant. J'aurais bien fermer les yeux, et dormi, debout, tout en continuant à mettre un pied devant l'autre, en espérant au fond de moi ne jamais plus ouvrir les paupières, et continuer ainsi dans ce qui aurait pu être la mort ou bien une lente promenade sans fin ni but "
Philippe Claudel : Les âmes grises 2003
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