Ballet farouche ( Herman Hesse )

Publié le 27 Août 2008

 

" Il ne désirait que le repos, la fin, il ne souhaitait plus que d'arrêter la rotation éternelle de cette roue, cette revue interminable d'images, et de les supprimer. Il désirait se mettre lui-même en repos et s'anéantir comme il l'avait souhaité dans sa dernière bataille, quand il s'était rué sur l'ennemi, en distribuant les coups autour de lui et en en essuyant, en ouvrant des blessures et en en recevant, jusquà ce qu'il se fût effondré. Mais ensuite ? A cela succédait la trêve d'un évanouissement, d'un somme ou d'une mort. Et tout de suite après on se réveillait encore, il fallait rouvrir son coeur aux torrents de la vie, et ses yeux  à ce redoutable, à ce beau et atroce flot d'images, sans fin, inéluctablement,  jusqu'au prochain évanouissement, et à la mort suivante. Celle-ci était peut-être une pause, une trêve brève, infime, le temps de reprendre haleine, mais ensuite cela continuait, et de nouveau, l'on était l'une des mille figures du ballet farouche, ivre, et désespéré de la vie. Hélas ! L'anéantissement n'existait pas, cela n'avait pas de fin. "

 

Herman Hesse . Extrait de Le jeu des perles de verre  Calmann Lévy 1955, 1991 pour la traduction française.

 

 

 

 

Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Allemande

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