Publié le 17 Avril 2008

je voudrais me voir passer à bicyclette
je voudrais être un rêveur qui rêve de moi
je voudrais m'aborder en disant bonjour Ludovic
je voudrais m'entendre chanter de loin
je voudrais me suivre de dos quand je me promène
je voudrais me voir d'en haut tout petit sur la terre
je voudrais me voir dormir toute une nuit
je voudrais regarder mon coeur battre
je voudrais être la femme qui jouit par moi
je voudrais avoir assisté à ma naissance
je voudrais me voir mourir pour me dire adieu

Ludovic Janvier : " Pour une poignée de monde "  ( Lire du mois d'avril 2008 )

 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Poésie, #Littérature Française, #Dans la Presse

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Publié le 15 Avril 2008

  

"Le 14 décembre 1967, l'Assemblée nationale adopta en première lecture la loi Neuwirth sur la légalisation de la contraception ; quoique non encore remboursée par la Sécurité sociale, la pilule était désormais en vente libre dans les pharmacies. C'est à partir de ce moment que de larges couches de la population eurent accès à la libération sexuelle, auparavant réservée aux cadres supérieurs, professions libérales et artistes - ainsi qu'à certains patrons de PME. Il est piquant de constater que cette libération sexuelle a parfois été présentée sous la forme d'un rêve communautaire, alors qu'il s'agissait en réalité d'un nouveau palier dans la montée historique de l'individualisme. Comme l'indique le beau mot de " ménage " , le couple et la famille représentaient le dernier îlot de communisme primitif au sein de la société libérale. La libération sexuelle eut pour effet la destruction de ces communautés intermédiaires, les dernières à séparer l'individu du marché. Ce processus de destruction se poursuit de nos jours."



" Les particules élémentaires " Michel Houellebecq

 

Du même auteur, dans Le Lecturamak : 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Française

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Publié le 12 Avril 2008

Dave Eggers BookExpo America 2018 au Javits Convention Center de New York
Dave Eggers

 

 

" Il y a un homme à côté de nous, luisant, vulgaire, avec une pochette de soie qui se répand sur son complet, en train de bavarder avec une femme plus jeune que lui en velours bleu. Plus loin, deux autres hommes, qui ont gardé leur manteau, contournent le bar et viennent dans notre direction.
L'un d'eux , grand et fort, transpire abondamment à cause de son manteau, de son large cul et de son minuscule cœur surmené. Le petit est nerveux avec les joues creuses, comme un bassiste de hard-rock. Il nous demande notre nationalité. Nous répondons que nous sommes américains. Le plus gros marche sur moi, salive au coin des lèvres, l’œil fixe, prêt à dire quelque chose. Il ne dit rien. Je ne l'intéresse plus et il se rabat sur l'homme à la pochette de soie et la femme tout en jambes. Il pose à l'homme une question en estonien. L' homme fait une réponse inaudible à laquelle le gros réagit par un salut ponctué d'un sonore  Heil Hitler
  Tous les regards convergent vers nous, vers le bar en général. Est-ce que j'ai déjà , dans ma vie, entendu quelqu'un dire ça ? Non. Pas en vrai. Mais parce que l'homme est tout près de nous, et parce que nous venons juste d'arriver, nous avons l'air d'être avec lui. Ou d'être solidaires de ses paroles, complices.
  Je me recroqueville et adresse un sourire d'excuse à la salle pendant que Hand dit Eh ben Eh ben au gros qui s'empare de son verre, avale le tiers de son contenu et le repose. Après quoi il revient sur Pochette de soie et réédite son machin, le salut, le Heil Hitler . Puis lui et son copain le bassiste s'en vont. Il est clair que j'ai raté un épisode. Est-ce que les nazis sont de retour à ce point là ? Pourquoi ne me tient-on pas au courant ? Il manque tant de choses dans la biographie de Churchill par Gilbert **  alors qu'il aurait dû en condenser tant d'autres. Le jour du Débarquement en Normandie, borne incontournable de tous les récits américains sur la guerre, est résumé en une ou deux pages. Hiroshima a droit à un paragraphe, Nagasaki à une phrase. On ne sait rien ; il y a des trous un peu partout dans nos connaissances, au hasard, et c'est très embêtant. Ce sont des nids-de-poule, on peut les combler, mais ils se multiplient anarchiquement et sans vergogne. Et même si on sait quelque chose, on ignorera toujours la vérité, on ne pourra même pas s'en approcher. La vérité, il faut la voir. Tout le reste, c'est des histoire, distrayantes mais plus brodées de mensonges que les faits bruts et informes.

Dave Eggers : " Suive qui peut " Gallimard 2003




https://www.martingilbert.com/book/churchill-a-life/
 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Américaine

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Publié le 3 Avril 2008

" Il y a un vice dans notre façon de penser. Plus les connaissances s'accumulent, moins le monde devient compréhensible [...] Ce qui nous manque le plus, ce n'est pas la connaissance de ce que nous ignorons, mais l'aptitude à penser ce que nous savons. [...] Contrairement à l'opinion courante, la connaissance progresse en intégrant en elle l'incertitude, non en l'exorcisant. "

Edgar Morin " La Méthode "  ( lu dans télérama du 5 au 11 avril 2008)

 

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Rédigé par jmlire9258

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Publié le 2 Avril 2008

C'est vrai qu'ils sont plaisants, tous ces petits villages,
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dit, ces cités,
Avec leurs châteaux forts, leurs églises leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est d'être habités,
Et c'est d'être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

2
Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher,
Qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie,
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher.
Qu'ils sortent de Paris de Rome ou de Sète,
Ou du diable Vauvert ou bien de Zanzibar,
Ou même de Montcuq, ils s'en flattent mazette,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

3
Le sable dans lequel, douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête, on trouve pas plus fin,
Quant à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches,
Leurs bulles de savon, c'est du souffle divin.
Et petit à petit, les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois, rend jaloux tout le monde,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

4
C'est pas un lieu commun celui de leur naissance,
Ils plaignent de tout coeur les pauvres malchanceux,
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence,
La présence d'esprit de voir le jour chez eux.
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares,
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre,
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.

5
Mon Dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l'on n'y rencontrait cette race incongrue,
Cette race importune et qui partout foisonne:
La race des gens du terroir, des gens du cru.
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant ces jobards,
Preuve, peut-être bien, de votre inexistence:
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part.


Georges brassens

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Chansons, #Chanson Française

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