C'était un
bavard de talent très mince
Voyez le XVIIIème siècle : c'était pire ! Quand vous regardez mon fauteuil, le seul nom que
vous connaissez est Jules Romains. Voltaire disait : Nous faisons très attention de ne pas avoir que des grands esprits à l'Académie car ce serait invivable. Et Paul Valèry avait
cette formule fabuleuse : L'Académie est composée des plus habiles des hommes sans talent et des plus naifs des hommes de talent . "
"
Par dessous mon bandeau, de part et d'autres de la piste que nous longions, j'avais entrevu furtivement les éléments d'une division motorisée nord-vietnamienne, dont les hommes en uniformes verts
se taisaient à notre passage, laissant seulement échapper par instants quelques bruits fortuits...En novembre 1978, Jean Lacouture reconnait ses erreurs sur ses présentations du Viêt Nam et des Khmers rouges. Dans un entretien à Valeurs Actuelles, il déclare :
« avoir pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien. Je pensais que le conflit contre l'impérialisme américain était profondément juste, et qu'il serait toujours temps, après la guerre, de s'interroger sur la nature véritable du régime. Au Cambodge, j'ai péché par ignorance et par naïveté. Je n'avais aucun moyen de contrôler mes informations. J'avais un peu connu certains dirigeants actuels des Khmers rouges, mais rien ne permettait de jeter une ombre sur leur avenir et leur programme. Ils se réclamaient du marxisme, sans que j'aie pu déceler en eux les racines du totalitarisme. J'avoue que j'ai manqué de pénétration politique. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Lacouture )
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/il-a-vu-mourir-le-
cambodge_493790.html
http://www.lescribe.com/romans10.php3?Id_livre=28
http://ecrits-vains.com/points_de_vue/portail.html
http://pascal.ledisque.free.fr/wordpress/?p=1543
imbécile... Quel est le sens d'un sport extrème, une ascencion sur la face nord de l'Eiger ? Les réponses les plus absurdes fusent et
par les protagonistes eux-mêmes : aller au bout de soi-même. C'est quoi le bout de soi-même, il est où ? Et une fois au bout, vous allez où, vous avez vu quoi ? En revenant, la question est : que
reste-t-il à partager, quelle reconnaissance de soi, quels voyages souterrains, essentiels, avez-vous accomplis sur les pentes mortelles de glace et de neige ? Il faut que ça en vaille la peine, et
la réponse est que cela en vaut la peine. "
" Marta était
agenouillée sur une de ces pierres, et elle attendait que la vieille pénitente lui cède la place dans le confessionnal.
moi. Voilà la vérité !... Pourquoi ces églises, ces sonneries et ces mensonges ? ... Seulement
pour cacher que nous nous haissons les uns les autres... La lutte pour la vie, la haine, c'est la seule chose qui lie les hommes... Non, c'est en vain que vous partez ! dit-elle s'adressant
mentalement à une compagnie, dans une voiture à quatre chevaux, qui devait aller en pique-nique à la campagne. Et le chien que vous emmenez ne vous aidera pas... Vous ne vous enfuierez pas de
vous-mêmes... "
_" je ne te comprends pas, dit Lévine... comment ces gens ne te sont-ils pas odieux ? J'admets qu'il soit agréable de déjeuner au
Lafite, mais est-ce que
précisément ce luxe ne te révolte pas
? Tous ces gens, comme jadis les fermiers généraux, s'enrichissent par des moyens méprisables ...
_ Pas du tout - Lévine sentit qu'Oblonsky souriait en prononçant ces mots - si je vais chez eux, c'est que je ne les trouve pas plus malhonnêtes que n'importe quels riches marchands et
gentilshommes. Les uns et les autres ont acquis également leur fortune par le travail et par l' intelligence.
_ Oui, mais quel travail ! Est-ce un travail, de se procurer une concession pour la revendre ?... Peux-tu comparer ce travail à celui d'un paysan ou d'un savant ? ... Toute rémunération
disproportionnée au travail est malhonnête.
_ Et qui sera chargé d'évaluer le travail ?
_ L'acquisition de la fortune par des moyens malhonnêtes, par la ruse, continua Lévine ( mais il se sentait incapable de définir la limite entre l'honnête et le malhonnête ), comme par
exemple, les fortunes acquises dans la banque, est un mal.L'acquisition d'énormes fortunes, sans travail correspondant, existait au temps des fermiers généraux, mais la forme seule a changé... Et
de nos jours les chemins de fer, les banques, c'est aussi le pain sans travail.
_ Tout cela est peut-être vrai et spirituel... Puis il continua lentement, évidemment convaincu de la justesse de ses objections : - Mais tu n'as pas tracé la limite entre l'honnête et le
malhonnête. Pourquoi par exemple, mes appointements sont-ils supérieurs à ceux de mon chef de bureau, qui connaît les affaires mieux que moi ? Est-ce malhonnête ?
_ Je ne sais pas
_ Eh bien, voici ce que je dirai. Pourquoi gagne-tu, par exemple , cinq mille roubles, tandis qu'avec plus de travail un paysan n'en recevra que cinquante ?...
_ Tu as raison, reprit Lévine, quand tu dis que mes cinq mille roubles de profit sont injustes. Je le sens, mais...
_ Oui, tu le sens, mais pas au point de donner ta terre aux paysans...
_ Je ne la donne pas, parce que personne ne me la demande. Et si même je le voulais, je ne saurais le faire, je ne saurais à qui donner.
_ Donne-la à ce paysan, il ne la refusera pas.
_ Comment faire ? Aller avec lui passer un acte de vente ?
_ Je l'ignore. Mais si tu sens que tu n'as pas le droit...
_ Au contraire, je sens que je n'ai pas le droit de donner ce que je possède, parce que j'ai des devoirs, et envers la terre, et envers ma famille.
_ Permets. Tu considère cette inégalité comme une injustice : ton devoir est de la faire cesser.
_ Je tâche d'y parvenir en ne faisant rien pour l'accroître.
_ Ça, c'est du paradoxe !... Il faut prendre un parti : ou reconnaître que l'état de la société est ce qu'il doit être, et alors défendre ses droits, ou avouer qu'on profite
de privilèges injustes, et dans ce cas, faire comme moi, en profiter avec plaisir.
_ Non, si tu reconnaissais l'iniquité de ces privilèges, tu n'en pourrais jouir agréablement. Moi du moins, je ne le pourrais pas. Le principal pour moi, c'est de ne pas me sentir
coupable.
_ Au fait, pourquoi n'irions-nous pas faire un tour ? dit Stepan Arkadiévitch, déjà fatigué de cette conversation. Nous ne dormirons pas. Allons !
Lévine ne répondit pas. Ce qu'il avait dit en causant, à savoir qu'il tâchait seulement de ne pas augmenter l'inégalité sociale le préoccupait. Peut-on se contenter d'une justice
négative ? , se demandait-il...
Tolstoï : extrait de Anna Karénine
http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/09/02/14907735.html
http://www.russie.net/litterature/tolstoi.htm
http://www.evene.fr/celebre/biographie/leon-tolstoi-218.php?citations
" Je suis né
communiste.Vers l'âge de six ou sept ans j'étais coco à mort, promis à un fanatisme plus radical que celui de mon père, si c'est possible. Mais un jour, il s'est passé quelque
chose.
On partait en vacances, tous les six dans la voiture, la caravane derrière. Au moment de passer le Petit-Clamart, non loin du carrefour où, quelques mois plus
tôt, le général de Gaulle avait échappé à la mort, et alors que nous commentions cette tentative d'assassinat, j'ai dû dire ce que je pensais du général de Gaulle,
ce qu'on devait tous penser du général de Gaulle : ce salaud, dommage qu'ils l'aient raté, dommage qu'il ne soit pas mort, voilà ce que j'ai dû dire, et dans le brouhaha de cette
voiture, la radio, Lucien Jeunesse avec son jeu des Mille francs, j'ai entendu la voix de ma grand-mère, la seule voix féminine de la tribu :
- Il ne faut jamais souhaiter la mort des gens, Christophe.
D'où elle sortait ça, Mamie ? Et d'abord, comment on allait faire pour tuer les bourgeois, les curés, les capitalistes, si on ne souhaitait pas leur mort ? Ca ne tenait
pas debout. Elle avait déraillé. Mieux valait oublier cette phrase incohérente.
Mais cette phrase n'a jamais été oubliée, aujourd'hui encore je continue d'entendre la voix étrange de ma grand-mère, ce n'était pas vraiment sa voix, ça venait de beaucoup plus
loin, elle-même ne s'était certainement pas reconnue. Je me souviens que ça avait jeté un froid dans l'ambiance survoltée de la voiture. Tandis que Lucien Jeunesse égrenait les secondes de la
question rouge sur son triangle, mon grand-père faisait semblant de n'avoir rien entendu, mes oncles se forçaient à ricaner, mais le coeur n' y était plus. Nous étions tous en présence d'un
énigme, effarés par ce commandement de Dieu sorti de la bouche de Mamie, et qui venait de sauver le général de Gaulle, notre pire ennemi...
Christophe Donner : extrait de " L'empire de la morale " Grasset 2001
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Jeunesse
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