Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 18:08

"  Comme si on ne le murait pas dans l'hypocrisie, le vieillard en qui tout se fait débâcle, et dont on exige toujours qu'il soit bien tenu ! Comme si tout le monde ne se liguait pas - et les siens plus durement que les autres - pour l'empêcher de parler de ses petits malaises  dont il va mourir bientôt. Il en a pourtant envie. Il en a pourtant besoin quelquefois. Et ce ne sont pas des malaises imaginaires. On parle autour de lui, on lui parle comme si de rien n'était : héritages, soucis de famille, dividendes, mariages, procès en cours, affaires courantes. Comme si les affaires pour lui pouvaient continuer à courir, pouvaient espérer le rattraper où il va ! Parfois - de plus en plus souvent - il se fait une accalmie dans le remue-ménage, et un bruit monte pour lequel seul il a maintenant des oreilles : celui des berges battues par les vagues, qui s'enfuient à toute vitesse, derrière le navire débouchant dans la haute mer.. "

 

Julien Gracq : extrait de " Le rivage des Syrtes " Editions José Corti, 1951

 

                                                                                           

Mourir de faire le pitre                                                                        
Pour dérider le désert                  

                                
Mourir face au cancer                             

Par arrêt de l'arbitre

         

Mourir couvert d'honneur
Et ruisselant d'argent                                                 
Asphyxié sous les fleurs
Mourir en monument

Mourir au bout d'une blonde                         
Là où rien ne se passe
Où le temps nous dépasse
Où le lit tombe en tombe                 

Mourir insignifiant                             
Au fond d'une tisane
Entre un médicament
Et un fruit qui se fane

Mourir cela n'est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir ô ô vieillir!

 

Jacques Brel : extraits de " vieillir " 1977

 

 





Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits de livres - Communauté : A nous les livres!
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 17:57

" Les grands metteurs en scène de théatre, il n'y en a pas tant que ça. C'est inexplicable, c'est une alchimie. Avec Klaus Michael Gruber, c'était une cure d'amaigrissement. Quelque chose d'extraordinaire ; l'art contre la culture. Depuis, j'ai souvent l'impression de faire de la culture et très peu d'art. L'art, c'est monstrueux, indescriptible, c'est méchant, sans concession. Le public ne s'y intéresse pas. Tout le reste, c'est de la culture, de la politique culturelle, de la culture d'entreprise...

  Récemment, un évènement m'a rendu fou, c'est la pétition qui a circulé pour défendre la pièce de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du fils de Dieu, au Théâtre de la Ville. Notre génération pétitionne, se lamente sans arrêt. On mobilise je ne sais combien de CRS pour quarante catholiques intégristes. Au lieu d'aller nous-mêmes leur mettre une raclée. On n'a même pas besoin d'être courageux, on est six cents, ils sont quarante ! On devrait être contents qu'ils nous attaquent, nom de Dieu ! Au lieu de cela, l'auteur s'excuse presque en disant qu'il est ausssi chrétien. Permettez-moi de citer Brecht : " Faire du théâtre, c'est organiser le scandale. " Et Heine Muller : " Qu'on me donne un ennemi !  On fuit les conflits, on a peur de tout, et en même temps, chacun s'arrange dans son coin. Les CRS défendent le théâtre de gauche, le directeur du théâtre peut faire chaque soir son speech, les pétitionnaires se font leur pub. Tout cela au nom de la gauche, au non d'une sacro-sainte liberté d'expression extraordinairement abstraite ! "

 

André Wilms : extrait d'un entretien pour Télérama du 14/12/2011

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Wilms

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Klaus_Michael_Gr%C3%BCber

 

http://www.webthea.com/?Sur-le-concept-du-visage-du-fils

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits d'entretiens - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 19:36

" Si l'architecture avait déja une valeur d'usage, ce serait bien. Elle est surtout dans le logement et le tertiaire, prétexte à se goinfrer pour les promoteurs cyclistes végétariens non-fumeurs de gauche, dans des conditions de production difficiles pour les travailleurs, c'est à dire les entreprises, les cadres et les ouvriers... Ce n'est pas seulement la créativité qui est menacée, mais le coeur même des métiers du bâtiment. A force de toujours vouloir tirer les prix, les commanditaires ont fini par laminer tout un tissu de PME spécialisées dans des domaines pointus : charpente, menuiserie, serrurerie... Les artisans sont virés, les managers des écoles de commerce sont au pouvoir. Sur les chantiers, il n'y a plus que des apprentis sous-payés et des cadres qui n'encadrent pas.

  Et pendant ce temps là, nos architectes, héros radicaux de la sévérité conceptuelle, habitent les beaux quartiers du Paris haussmannien. Et dans leurs beaux salons à parquet à chevrons et plafonds en staff mouluré, ils ne jurent que par cet abruti d'Adolf Loos [1870 - 1933 ], l'architecte minimaliste autrichien pour qui l'ornement est un crime "

 

Rudy Ricciotti : extrait d'entretien pour Télérama 3229 du 30 nov 2011

 

http://www.rudyricciotti.com/biographie.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rudy_Ricciotti

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Loos

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits d'entretiens - Communauté : Autour des citations
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 18:31

" Comme les moines se raccordent au monde la matin, et au sommeil le soir, ne pas consommer d'alcool, fuir les lieux mondains, est une façon d'être au contact de manière sereine, heureuse, avec l'inconnaissable, l'insupportable. Depuis quinze ans j'ai mieux compris la pensée de Leiris et celle de Bataille, sa méditation sur les peintures de Lascaux, leur caractère secret, l'inconnaissable.

La pensée achoppe car nous devons admettre que nous ne saurons jamais rien sur les motivations de ceux qui les peignirent. Ces peintures sont une énigme. Bataille était fasciné par ce non-sens. De la même façon je tends vers le point secret, énigmatique où on éprouve une stupeur formidable qui naît du sentiment d'être devant le gouffre, l'insurmontable, la limite de la vie extrême et du néant. Je l'éprouve en regardant un minotaure de Picasso ou l'une des 141 gravures de sa suite érotique. Je l'éprouve dans la relation amoureuse. On ne voit jamais la nudité qui nous est offert car elle est tellement irradiante qu'elle nous crève les yeux. "

 

Jacques Chessex : extrait d'un entretien pour le magazine Lire avril 2003

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits d'entretiens
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 17:27

" La nuit était noire à cause des nuages qui obstruaient le ciel et masquaient la clarté des étoiles. Elle était sombre à cause des ténèbres de la terre.  Les hitlériens symbolisaient l'immense mensonge de la vie. Et partout où leur pied se posait, du fond de l'obscurité remontaient à la surface la couardise, la trahison, la soif de lâches assassinats, de répressions sanglantes contre les faibles. Ils appelaient à eux toutes les noirceurs, comme dans une vieille légende un mot maléfique évoque les esprits du mal.

  Cette nuit là, la petite ville suffoquait de tout ce qu'il y avait d'obscur et de malfaisant, d'infect et de sordide, et qui éveillé, galvanisé, mis en émoi par l'arrivée des hitlériens, se portait à leur rencontre. Des caves et du fond des ravins, on vit sortir les traîtres, les pusillanimes...Des paroles flatteuses d'apostasie mûrissaient dans l'esprit des gens faibles ; des projets de vengeance naissaient pour une querelle de commère au marché, pour un mot échappé incidemment. Les coeurs se pénétraient de cruauté, d'égoisme et d'indifférence. Les lâches, craignant pour eux-mêmes, méditaient de dénoncer leur voisin pour sauver leur propre peau. Il en fut ainsi dans toutes les villes, grandes ou petites, dans tous les pays, partout où les hitlériens posaient le pied. Un dépôt trouble remontait du fond des rivières et des lacs ; les crapauds émergaient de l'eau ; les chardons envahissaient les champs de blé...

 

Vassili Grossman : " Années de guerre " 1946, Editions Autrement, Paris 1993

 

http://helenbazar.pagesperso-orange.fr/livre15.htm

 

 

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits de livres - Communauté : Lettres et littérature
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 18:22

http://www.oeuvresouvertes.net/IMG/arton252.jpg" Je crois qu'il y a dans ma  hantise de la chute, du précipice, des éléments réels, préromanesques, qui datent de l'époque où j'étais professeur. Quand j'enseignais, à Lausanne, le salle de classe dominait le pont Bessières, surnommé le " pont des suicidés " tant ils sont nombreux à l'utiliser. Par la fenêtre, il m'est arrivé, à  de nombreuses reprises, de voir une personne s'arrêter, enjamber le parapet, puis j'entendais le bruit du corps quatre-vingt mètres plus bas. Il était toujours trop tard ppour que je puisse faire quoi que ce soit."

 

Jacques Chessex, entretien dans Lire n° 314, avril 2003

 

 


Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits d'entretiens - Communauté : J'aime lire
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 17:19

" Nos petits hommes d'affaire ont adopté les critères américains dans tous les domaines, sans comprendre qu'ils ne s'appliquent qu'aux entreprises qui dominent le marché. Ils se rendent compte qu'il y a quelque chose qui cloche, c'est pour ça qu'ils ont crée toutes ces associations d'entrepreneurs. En fait, ils ont lancé ces associations en 56, sans comprendre que cela finirait par mener au chaos économique. L'Amérique peut maintenir pour encore longtemps cette impulsion capitaliste qui tend à faire toujours plus de profits, aux dépens d'une productivité sans cesse moindre. Mais la France ne le peut pas. Nos grandes firmes industrielles sont déja en train de faire faillite, l'acier par exemple.

  Rien ne pourra résoudre le problème de base, qui est que nos PDG , comme leurs confrères américains, veulent toujours s'enrichir. Et bien sûr, la seule manière de s'enrichir c'est de produire des biens de toujours plus mauvaise qualité ou, mieux encore, de ne rien produire, de devenir une économie d'industrie de services. Alors nous avons de plus en plus de banques, de spéculateurs, de sociétés d'immobilier, de fusions et de rachats et, bien sûr, de livreurs, de colporteurs, de publicitaires, et de types qui apportent le café....

  Dans l'état actuel des choses, il y a trois types de travailleurs : celui qui se lève le matin, fait une heure de transports jusqu'à son boulot, est payé suffisamment pour nourrir sa famille de quatre enfants et permettre à sa femme d'être une consommatrice, puis fait une autre heure de transports pour rentrer chez lui, et est trop épuisé pour faire quoi que ce soit, ou lire quoi que ce soit, et se contente de regarder des imbécilités à la télé... Le deuxième type de travailleur, c'est le jeune, qui habite le centre-ville, déteste son boulot mais apprécie sa vie ; il va au cinéma deux fois par semaine, il va au restaurant, ne lit pas, pas même les journaux, et pour tout ce qui cloche il accuse les étrangers. Et ensuite il y a la troisième catégorie, essentiellement ces étrangers que les n° 2 détestent, qui font les boulots que les deux premières catégories refusent de faire, comme nettoyer les rues, ramasser les ordures... Ils habitent dans les grands ensembles de banlieue, où leurs frères, et parfois leurs pères, sont sans emploi. Beaucoup d'entre eux sont clandestins, pour la plupart ils viennent d'Algérie et du Maroc, mais l'état ne les harcèle pas parce que personne d'autre ne veut de leur boulot, et donc ils ne se plaignent pas, jusqu'au jour où ils se font tabasser trop brutalement parce qu'ils n'ont pas dit monsieur au flic du coin, ou parce que, sans emploi et affamés, ils ont volé une pomme, et alors tout leur quartier s'embrase. Mais quand ça se produit, les autres travailleurs, ceux des deux premières catégories, les dénoncent en les traitant d'ingrats. La conséquence, c'est que nous n'allons pas changer. Nous sommes voués à perpétuer cette société répugnante, jusqu'à ce que l'économie américaine s'effondre et nous entraîne tous...

  Le monde, dans sa grande majorité, a percé à jour les intentions américaines et ce besoin constant d'ennemis qu'ils ont. Et l'économie capitaliste ne produit plus de biens réels. L'Allemagne et le Japon le font encore, et malheureusement la Chine satisfait les besoins des consommateurs, mais qu'en est-il des Etats-Unis ? Ce pays produit-il quoi que ce soit d'utile pour nous ? A part des armements bien sûr. Tout ça va s'effondrer, et alors, peut-être, une forme d'humanisme va refaire surface. Mais pas de mon vivant.

 

Extraits de " Entretiens avec Sartre " John Gerassi, Grasset & Fasquelle  , 2011

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits de livres - Communauté : A nous les livres!
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Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 16:47

" Nous n'avons pas d'autre choix que de nous souvenir que tous les gouvernements mentent, que tous les médias mentent, dans le but de ne pas perdre leurs espaces publicitaires, lorsque la presse est purement capitaliste, ou de rester en bon termes avec le gouvernement et de conserver leurs licences, lorsqu'ils ne vivent pas des publicités, ou quand le gouvernement maintient des épées de Damoclès au dessus des têtes des reporters et des rédacteurs. Ma position à présent, après avoir tellement condamné les régimes stalinien, et les partis du monde entier, consiste à ne jamais oublier que personne ne devient communiste, de quelque sorte que ce soit, sans vouloir vraiment lutter pour apporter une vie meilleure aux pauvres, aux travailleurs et aux colonisés. Les révolutionnaires sont fabriqués par l'avidité des capitalistes. "

 

Jean-Paul Sartre, mai1972. Extrait de " Entrtiens avec Sartre " de John Gerassi, Grasset & Fasquelle 2011 

 

http://www.colby.edu/french/fr128/splocher/images/sartresm.jpg

 

http://www.liberation.fr/livres/01012332897-sartre-a-huis-clos

 

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits de livres - Communauté : Lettres et littérature
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 17:49

" Chaque fois que je me suis attaqué  à la prose obscurantiste et aux asphyxiantes analyses littéraires et philosophiques de Jacques Derrida*, j'ai eu l'impression de perdre misérablement mon temps. Non que tout essai critique doive, à mes yeux, être utile (il me suffit qu'il soit divertissant ou stimulant), mais si la littérature est ce qu'il suppose (une succession ou un archipel de textes autonomes, sans contact possible avec la réalité extérieure et, par conséquent, sans influence sur le développement de la société et le comportement individuel), pourquoi la "déconstruire" ? Pourquoi ces laborieux efforts d'érudition, d'archéologie rhétorique, ces généalogies linguistiques ardues, rapprochant ou éloignant un texte d'un autre pour constituer d'ingénieuses déconstructions intellectuelles qui sont comme du vide animé ? ... Démonter des objets verbaux dont l'assemblage est considéré comme une bagatelle formelle, une gratuité verbale et narcissique qui n'apprend rien sur rien si ce n'est elle-même, c'est faire de la critique littéraire une masturbation monotone...

  Je n'ai pas souvenir qu'un professeur de littérature m'ait fait sentir qu'un bon livre nous rapproche de l'abîme de l'expérience humaine et de ses mystères effervescents. Mais des critiques littéraires, oui. Je me souviens surtout de l'un d'eux, de la génération de Lionel Trilling*, qui me fit partager sa conviction que le meilleur et le pire de l'aventure humaine passent toujours par les livres et que ceux-ci aident à vivre. Je veux parler d'Edmund  Wilson*, dont l'extraordinaire essai sur l'évolution des idées et de la littérature socialistes, To the Finland Station , tomba entre mes mains quand j'étais étudiant. Dans ces pages au style diaphane, penser, imaginer et inventer en se prévalant de la plume était une façon magnifique d'agir et d'imprimer une marque à l'histoire. Chaque chapitre démontrait combien les grandes convulsions sociales et les minuscules destins individuels s'articulent au monde impalpable des idées et des fictions littéraires...

  Responsabilité et intelligibilité vont de pair avec une certaine conception de la critique littéraire, avec la conviction que la littérature embrasse la totalité de l'expérience humaine, puisqu'elle la reflète  et contribue de manière décisive à la modeler. Voilà la raison pour laquelle elle devrait être le patrimoine de tous, une activité se nourrissant du fonds commun de l'espèce et à laquelle on peut sans cesse avoir recours pour trouver un ordre quand nous avons l'impression de sombrer dans le chaos, un souffle dans les moments de découragement, et du doute ou de l'incertitude quand la réalité qui nous entoure semble au contraire trop sûre et trop tranquille...

   La culture peut être expérimentation et réflexion, pensée et rêve, passion et poésie, ainsi qu'une profonde et constante révision critique de toutes les certitudes, de toutes les convictions, de toutes les théories et de toutes les croyances. Mais elle ne peut pas se tenir à l'écart de la vie réelle, de la vraie vie, de la vie vécue, qui n'est jamais celle des lieux communs, de l'artifice, du sophisme et de la frivolité sans courir le risque de se désintégrer. Je vais peut-être passer pour pessimiste, mais j'ai l'impression qu'avec notre irrépressible - et irresponsable - vocation pour le jeu et le divertissement, nous avons fait de la culture l'un de ces superbes mais fragiles châteaux de sable, qui se défont au premier coup de vent.

 

Vargas Llosa : extrait d'entretien paru dans le magazine Books n° 17 Décembre 2010 et dans Letras libres juillet 2010 ( traduit par André Gabastou )

 

*http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Derrida

 

*http://lebulletindamerique.com/2011/04/11/lionel-trilling-et-limagination-sociale-par-michael-knox-beran/

 

*http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmund_Wilson

Par jmlire9258 - Publié dans : Extraits d'entretiens - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 22:11

... SUR LA LANGUE
COMME UN GOUT DE MANGUE
UNE ENVIE D'AMOUR...



J'ai la tête ailleurs
Je suis pas meilleur
Ni pire qu'à vingt ans
Je suis bien le même
Qui te dit je t'aime
Mais de temps en temps
Je suis dans la lune
Couché sur les dunes
Ou les pieds dans l'eau
Certains jours de fête
Il y a dans ma tête
Un petit vélo

J'ai vécu d'eau fraîche

De pommes et de pêches
Dormi comme un roi
Construit des cabanes
Adoré Peau d'Ane
Et Robin des Bois
J'ai dit des bêtises
Porté des valises
Fait tous les boulots
Donné ma parole
Perdu la boussole
Et bu au goulot

J'ai la tête ailleurs

Je suis pas meilleur
Ni pire qu'à vingt ans
Je suis bien le même
Qui te dit je t'aime
Mais de temps en temps
Un oiseau se pose
Il y a quelque chose
Un air de lilas
Je rêve en plein jour
Au coin du faubourg
Je ne suis plus là

J'ai couru le monde

Les îles de la Sonde
Et les pays froids
Découvert mon âme
Le parfum des femmes
Et les draps de soie
J'ai pris quelques tasses
Mangé des limaces
Appris à nager
La vraie vie me soûle
Je suis dans la foule
Comme un étranger

J'ai la tête ailleurs

Je suis pas meilleur
Ni pire qu'à vingt ans
J'ai aimé la mer
L'ocre et l'outremer
Le sable et le vent
Marché dans les ronces
Cherché des réponses
Au bord du chaos
J'ai vu le Népal
Le ciel du Bengale
Et Curaçao

Je suis dans la lune

Couché sur les dunes
Ou les pieds dans l'eau
Certains jours de fête
Il y a dans ma tête
Un petit vélo
J'ai fait le voyage
Des gens de mon âge
Plus d'un demi-tour
Et j'ai sur la langue
Comme un goût de mangue
Une envie d'amour.

Paroles et Musique: Gilbert Laffaille

Par jmlire9258 - Publié dans : Chanson vidéo - Communauté : Paroles de musique
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