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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 17:20

" Les montagnes Rocheuses étaient toutes proches et j'arrivais dans des lieux où bientôt il n'y aurait plus ni routes goudronnées, ni poteaux téléphoniques, ni antennes de télévision, rien que des truites. dans le torrent qui coulait à nos pieds, elles étaient roses et lilas, tandis que dans le lac en forme de cœur, au-dessus de nous, elles avaient les couleurs de l'arc-en-ciel. Nous étions à trois mille mètres. Au sommet des Rocheuses vivait un homme qui possédait quarante-cinq chevaux et trois femmes mexicaines, l'une plus menue que l'autre. Il n'avait jamais vu Chicago, et New York ne l'intéressait pas plus que Pékin ou Le Cap.

   Le soir de nôtre arrivée, je me suis jetée au lit sous l'édredon. Au moment de m'endormir, j'ai senti un animal gratter sous l'oreiller, mais je n'avais pas la force de rallumer la bougie et de laisser s'échapper cette bête inconnue. D'après les bruits qui me parvenaient, je devinais qu'elle devait être petite et active. Elle ne grignotait pas comme une souris, de façon monotone, ennuyeuse et obstinée. Elle jouait sous mon oreiller et explorait les contours de ma tête. Je décidai que, de toute manière, elle ne pouvait pas me manger et m'endormis, épuisée.

   Je fus réveillée, le lendemain matin, par une sensation curieuse. Quelque chose mordillait doucement les doigts de mon pied droit. C'était le tamias qui s'était amusé durant la nuit sous mon oreiller. On trouve partout en Amérique ces petites bêtes enjouées à la queue touffue qui, lorsqu'elles aperçoivent un homme, se dressent sur les pattes postérieures et les saluent de leurs pattes antérieures. Le mien s'installa le matin même dans la cuisine, puis il disparut pour reparaître de temps à autre dans la cabane, en compagnie d'une demi-douzaine d'autres.

   Le soir, quand nous grillions nos truites, on entendait les pas légers d'un daim et le bruit sec de ses bois contre le montant de la porte. Il me présentait d'abord sa tête soyeuse sur laquelle brillait un énorme œil. Puis , il me regardait de face avant de disparaître fièrement sans rien demander. Il s'éloignait à pas légers et soudain se mettait au galop en frappant le sentier de ses sabots qui résonnaient sourdement dans le silence du soir."

 

Nina Berberova, extrait de " C'est moi qui souligne" Actes Sud 1989

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 18:13

" Dès lors, ce souvenir de Léon fut comme le centre de son ennui ; il pétillait plus fort que, dans une steppe de Russie, un feu de voyageurs abandonné sur la neige. Elle se précipitait vers lui, elle se blottissait contre, elle remuait délicatement ce foyer près de s'éteindre, elle allait cherchant tout autour d'elle ce qui pouvait l'aviver davantage ; et les réminiscences les plus lointaines comme les plus immédiates occasions, ce qu'elle éprouvait avec ce qu'elle imaginait, ses envies de volupté qui se dispersaient, ses projets de bonheur qui craquaient au vent comme des branchages morts, sa vertu stérile, ses espérances tombées, la litière domestique, elle ramassait tout, prenait tout, et faisait servir tout à réchauffer sa tristesse "

Gustave Flaubert : extrait de "Madame Bovary"

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 16:55

" Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la forme interne de son style, comme la terre, sans être soutenue, se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet, où du moins ou le sujet serait presque invisible, si cela se peut. Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière."

 

Gustave Flaubert, Correspondance I

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 18:41

marché à Damas" Il y a beaucoup de musulmans qui ne croient plus à la religion. Si on leur donnait le choix, si on leur permettait de s'exprimer sur leur société, je crois que la majorité des gens dans les pays arabes choisiraient la laicité, surtout dans les jeunes générations. Et bien sûr, surtout les femmes. J'en suis certain. Mais comme ces gens n'ont pas la possibilité de s'exprimer, ni sur le plan politique ni sur le plan civil, on ne les entend pas. Mais croyez-moi, en Egypte, en Syrie, en Algérie ou au Liban, la plupart des gens sont laiques. Seul le pouvoir est religieux. Il faut donc oeuvrer avec ces nouvelles générations, mais les alliés occidentaux n'ont jamais oeuvré avec ces forces progressistes dans toute l'histoire des relations entre l'Occident et les pays arabes. Personne n'a soutenu l'opposition modérée en Syrie, il y a eu une proposition laique qui refuse la violence, elle n'a pas été soutenue. Je suis toujours en contact avec eux, ils vivent toujours à Damas, mais ils sont seuls. Mais les Occidentaux ont soutenu les mercenaires qui viennent de tous les pays pour détruire. Seul le peuple lui-même peut faire une révolution dans son propre pays. Vous imaginez la Révolution française faite par des Pakistanais ou des Africains ?"

Adonis ( Ali Ahmed Saïd Esber) extrait d'un entretien pour le magazine Transfuge n° 92, novembre 2015

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:37

" J'aime la place de la Concorde, d'où l'on découvre une étendue de ciel presque aussi vaste qu'au dessus d'un champ de seigle en Russie ou de maïs au Kansas. J'aime m'attarder sur un petit banc derrière la cathédrale Notre-Dame, là où la Seine coule autour de l'île  Saint-Louis et ses belles maisons anciennes. Sur le boulevard Raspail, je m'arrête devant la vitrine d'une charcuterie sans pouvoir en détacher les yeux ; elle me paraît plus somptueuse que n'importe quelle autre vitrine de cette ville. J'ai constamment faim. Je porte des robes de seconde main et de vieilles chaussures ; je n'ai ni parfum, ni soies, ni fourrures, mais rien ne me fait plus envie que ces denrées délicieuses. Derrière la vitrine, une jeune vendeuse bien en chair fait tourner le disque d'un coupe-jambon. Ses lèvres ressemblent à de petites tranches de jambon, ses doigts à des saucissons roses et ses yeux à des olives noires. Vue du dehors, elle finit par se confondre avec les jambonneaux et les côtes de porc, ce qui oblige le client, une fois entré, à la chercher des yeux. Alors elle reprend vie et le disque se remet à tourner, un long couteau aiguisé danse dans sa main, une feuille de papier huilé se glisse sous la saucisse, la flèche de la balance oscille et l'on entend enfin résonner le vacarme familier de la caisse enregistreuse. Si cette caisse n'existait pas, comme la vie serait facile ici-bas ! "

 

Nina Berberova : extrait de : " C'est moi qui souligne" Actes Sud 1989

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 18:59

" Au printemps à Paris, fleurissent les marronniers. Les premiers à s'épanouir sont ceux du boulevard Pasteur, là où le métro jaillit de dessous la terre et où l'air chaud s'élève par vagues jusqu'aux arbres. En automne, sur les Champs-Élysées, les feuilles avant de tomber prennent une teinte brun-foncé, couleur cigare. En été, durant quelques jours, le soleil se couche en plein centre de l'Arc de Triomphe, vu depuis la place de la Concorde. Les jardins des Tuileries sont les plus beaux de Paris parce qu'ils font partie d'un ensemble ; et face au globe ardent du soleil qui inonde de ses rayons la dalle de L'Arc, on finit par se confondre avec cet ensemble, comme devant le tableau de Rembrandt, Aristote contemplant le buste d'Homère. Il n'y a pas à proprement parler d'hiver à Paris. Il pleut et les gouttes d'eau clapotent et chuchotent contre les vitres et sur les toits. Soudain, en janvier, vers la fin du mois, vient un jour où tout resplendit : il fait bon et le ciel est bleu. Sur les terrasses des cafés, les clients ont quitté leur manteaux et les femmes, vêtues de robes légères, transfigurent la ville. On a beau savoir qu'il reste encore deux mois de mauvais temps à passer, personne n'y fait allusion. Chaque année, ce jour revient telle une fête mobile qui tomberait entre le 20 janvier et le 5 février, laissant sur son passage un parfum de promesse..."

 

Nina Berberova : extrait de " C'est moi qui souligne" Actes Sud, 1989

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 19:16

" Bonjour, présentons nous à tour de rôle. Voici le dottor Colonna, homme de grande expérience journalistique. Il travaillera à mes côtés - ce pour quoi nous le qualifierons d'assistant de direction ; sa tâche principale consistera à revoir tous vos articles. Chacun arrive avec ses propres expériences, c'est une chose d'avoir travaillé pour un journal d'extrême gauche et une autre d'avoir collaboré, disons, à La voix de l'égout, et comme (vous le voyez) nous sommes spartiatement peu nombreux, celui qui a toujours travaillé à la nécro devra peut-être écrire un article de fond sur la crise du gouvernement. il s'agit donc d'uniformiser le style et, si quelqu'un avait la faiblesse d'écrire palingénésie, Colonna vous dirait qu'il ne faut pas et il vous proposerait une alternative.

- Une profonde renaissance morale, avais-je dit.

- Voilà. Et si quelqu'un, pour qualifier une situation dramatique, écrit que nous sommes dans "l'œil du cyclone", j'imagine que le dottor Colonna sera assez avisé pour vous rappeler que, d'après tous les manuels scientifiques, l'œil du cyclone est le seul endroit où règne le calme, alors que le cyclone se développe tout autour de lui.

- Non, dottor Simei, suis-je intervenu, en ce cas je dirais qu'il faut précisément employer œil du cyclone car peu importe ce que dit la science, le lecteur l'ignore, et c'est précisément l'œil du cyclone qui lui donne l'idée qu'on se trouve en pleine tempête. C'est ce qu'il a appris par la presse et la télévision...

- Excellente idée, dottor Colonna, il faut parler le langage du lecteur, pas celui des intellectuels qui disent "oblitérer" le titre de transport. D'ailleurs, il paraît que notre éditeur a proclamé une fois que les spectateurs de ses chaînes de télévision ont une moyenne d'âge (je parle de l'âge mental) de douze ans. Les nôtres, non, mais il est toujours utile d'assigner un âge à ses propres lecteurs : les nôtres  devraient avoir plus de cinquante ans, être de bons et honnêtes bourgeois partisans de la loi et de l'ordre, mais friands de cancans et de révélations sur les désordres en tout genre. Nous partirons du principe qu'ils ne sont pas ce qu'on appelle des lecteurs assidus, la plupart d'entre eux ne doivent pas avoir un seul livre chez eux, même si, à l'occasion, on parlera du grand roman qui se vend à des millions d'exemplaires à travers le monde. Nôtre lecteur ne lit pas de livres mais le fait qu'il existe de grands artistes bizarres et milliardaires lui plaît, de même qu'il ne verra jamais de près la diva à longues cuisses et pourtant il voudra tout savoir de ses amours secrètes..."

 

Umberto Eco : extrait de : "Numéro zéro" Éditions Grasset, 2015

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 17:45

" Deux pèlerins, Pierre et Paul,  parcourent un village des environs de Milan en quête d'un abri pour la nuit car il pleut à verse. Ils frappent à la porte de M.Richard, un rentier florissant. Le bourgeois au cœur sec les chasse. Sa maison n'était pas une auberge pour les gueux. Témoin de la scène, une bonne âme conduit les infortunés jusqu'à la maison de Mr Misère, un pauvre paroissien toujours prompt à obliger plus malheureux que lui. Misère les accueille à bras ouverts, une voisine déboule avec du vin, du pain et quatre merlans frits, et tout ce petit monde s'attable pour une "soirée de partage et de convivialité", comme disent aujourd'hui les tenanciers de ferme auberge. Les convives cependant s'inquiètent de l'humeur chagrine de leur amphitryon. Misère ne décolère pas. Un maraudeur vient de lui voler les plus beaux fruits de son poirier. Cet arbre nourricier est le seul bien et l'unique ressource alimentaire du bonhomme. Les merlans nettoyés jusqu'à l'arête, on plaisante, on papote. Pierre et Paul (vous avez deviné que les vagabonds étaient les deux grands saints) demandent à Misère s'il y avait une grâce particulière que Dieu pourrait lui accorder. " Je ne demanderais rien au Seigneur, sinon que tous ceux qui monteront sur mon poirier y restassent tant qu'il me plairait et n'en pussent jamais descendre que par ma volonté." Dieu n'est pas toujours méchant et, pour se distraire des cruautés ordinaires, il se laisse aller parfois à des plaisanteries de potache. Le souhait de Misère est exaucé. Le voleur récidiviste ne peut redescendre de l'arbre miraculeux. Avant de le délivrer, Misère laisse mitonner et languir le larron perché, suffisamment pour décourager tous les voleurs de poires. L'histoire fit tant de bruit que personne n'osa plus s'en prendre aux biens du bonhomme qui vécut heureux près de son arbre pendant de nombreuses saisons. Seul maître de son poirier "qui lui tenait lieu de tout", il ne voyait pas les ans passer... Un soir on frappe à la porte du vieux bonhomme. La faucheuse blême venait pour sa macabre moisson. Misère l'accueille avec un enthousiasme auquel la Camarde n'était guère habituée. Surprise et charmée, elle bavarde un peu avec ce client docile qui lui demande, comme ultime faveur de le laisser croquer un dernier fruit de son cher poirier. La fossoyeuse étant bonne fille, elle autorise ce caprice et accepte même de grimper sur l'arbre pour cueillir la friandise du condamné. Les miséreux, et particulièrement les cambrousards, sont plus roublards que les citadins pour piéger une vieille Parque surmenée. Prise sur le poirier comme corneille au gluau, la Mort supplie le vieux matois de la délivrer car, n'est-ce pas, que deviendrait la planète si l'engeance humaine accédait à l'immortalité ? Misère s'égaye, ironise, cabotine, mais refuse tout net de relâcher la mirifique prise. L'autre ergote, tente d'embobiner le madré se fâche et menace. Misère ricane car il ne craint plus la mort. Il finit toutefois par céder, à la condition qu'elle ne revienne sur ses arpents qu'après avoir fauché l'humanité entière. Rendez-vous donc au jugement dernier. La Mort signe le contrat avant de déguerpir pour occire une reine. Voilà pourquoi Misère restera sur Terre tant que le monde sera monde...

 

Gérard Oberlé, relatant une légende : " L'histoire morale et divertissante du bonhomme Misère" dans le magazine Lire n°449, octobre 2016

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Oberl%C3%A9

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Published by jmlire9258 - dans Dans la Presse
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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 18:20

" Ban Ki-Moon nous dit qu'il y a, tous les ans, neuf millions de personnes qui meurent de causes liées à la faim, et qu'un tiers de ces victimes sont des enfants. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. C'est ce que Jean Ziegler appelle "le scandale de nôtre siècle". Et pourtant, nous réussissons assez bien à ne pas nous sentir responsables, à ne pas réagir. Ou à nous en remettre, pour cela, aux gouvernements et aux milliardaires, aux causes, à la charité internationale, aux divers dieux... La faim est le contraire d'une crise. Comment appeler "une crise" quelque chose qui se passe tout le temps, sans cesse, qui n'arrête jamais de se passer ? La faim, c'est l'état permanent de centaines de millions de personnes. Et oui, c'est l'un des grands moteurs de l'Histoire. Nous autres, citoyens repus des pays riches, faisons tout pour l'oublier, mais encore pour nos grands-parents, la faim était le problème politique et social central. Pain et liberté, pain , paix et travail, c'étaient quelques-uns des cris de ralliement qui ont guidé des révoltes et des révolutions. Maintenant, comme la faim est devenue la chose par excellence qui n'arrive qu'aux autres, nous effaçons ces siècles d'affrontements politiques pour la nourriture et faisons semblant de penser que c'est un problème technique et que c'est la technique et la charité qui vont le résoudre. Le manque de mémoire historique de nos sociétés est quelque chose dont il faudrait se souvenir.

 

Adonis ( Ali Ahmed Saïd Esber) extrait d'un entretien pour le magazine Transfuge n° 92, novembre 2015

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adonis_(po%C3%A8te)

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Published by jmlire9258 - dans Extraits d'entretiens
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 18:13

" Ça m'avait beaucoup intéressé, cette idée de la grandeur qui chute, cette idée que toute chose qui éclot crée une ombre portée. Regardez (il prend une tasse), elle a une ombre ( il la fait tomber), ce qui était dans l'ombre apparaît dans la lumière. On pourrait dire la même chose de l'Europe, elle a été adorée pendant des siècles, et au XXème siècle, l'ombre est apparue, elle peut être détestée aujourd'hui. Lorsque la grandeur chute, la frustration qui poussait dans l'ombre s'exprime..."

 

Wajdi Mouawad : extrait d'entretien dans le magazine Transfuge n°98, mai 2016

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wajdi_Mouawad

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Published by jmlire9258
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  • : " Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
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