"Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
Paul Auster, par D.Shankbone, 2008 Mauvais endroit, mauvais moment. " À 14 ans, on m'a envoyé dans un camp de vacances dans le nord de l'État de New York. Un jour, nous avons été pris dans un ...
" Un jour, il y a de cela une trentaine d'années, j'ai été entraîné par le courant. C'était sur un affluent du Zambèze, à l'extrême nord-ouest de la Zambie, dans la région de Mwinilunga. ...
" L'Histoire est certes portée par une demande sociale de compréhension du temps présent, mais aussi
Patrick Boucheron en 2024.
d'évasion. Et il faut assumer cette gratuité d'un savoir désintéressé. Umberto Eco, à la fois grand érudit médiéviste, sémiologue du contemporain, théoricien du récit et évidemment romancier, le disait bien : " Celui qui ne lit pas n'aura vécu qu'une seule vie : la sienne." Non seulement ce n'est pas suffisant, mais c'est dangereux. Si vous n'êtes pas averti de tout ce qui peut arriver dans une existence autrement que par votre propre bulle cognitive, vous risquez des déconvenues, et il vaut mieux effectivement pouvoir partager d'autres vies que la sienne. Et l'Histoire, pour moi, ce n'est rien d'autre que la discipline qui ouvre, avec suffisamment de générosité, ce trésor d'expérience qui est un trésor de savoir. Contrairement à un trésor monétaire, il ne s'amenuise pas en se partageant. Au contraire, plus on le transmet, plus, pour soi, il s'enrichit..."
Patrick Boucheron, extrait d'un entretien pour le magazine Télérama 3968, du 28 janvier 2026.
" Effing était un cas difficile, mails il serait inexact de ne le définir qu'en termes de difficulté. S'il n'avait manifesté que méchanceté et sale caractère, on aurait pu prédire ses humeurs et les rapports avec lui s'en seraient trouvés simplifiés. On aurait su à quoi s'attendre ; il aurait été possible de savoir où l'on se trouvait. Mais le vieillard était plus insaisissable que cela. Dans une large mesure, il était d'autant plus difficile qu'il ne l'était pas tout le temps, et qu'il parvenait, pour cette raison, à nous maintenir dans un état permanent de déséquilibre. Pendant des jours entiers, il ne proférait que sarcasmes amers, et, au moment précis où je me persuadais qu'il n'y avait plus en lui une once de bonté ou de sympathie humaine, il exprimait une opinion empreinte d'une compassion si bouleversante, une phrase révélatrice d'une telle compréhension et d'une si profonde connaissance d'autrui qu'il me fallait admettre que je l'avais mal jugé, qu'il n'était tout compte fait pas si mauvais que je l'avais cru. Peu à peu, je lui découvrais un autre aspect. Je n'irai pas jusqu'à parler d'un côté sentimental, mais à certains moments il s'en approchait beaucoup. Je pensais d'abord qu'il ne s'agissait que d'une comédie, d'une ruse destinée à me déstabiliser, mais cela aurait supposé qu'Effing eût calculé d'avance ces attendrissements, alors qu'ils paraissaient toujours se produire de manière spontanée, suscités par un détail fortuit au cours d'un événement particulier ou d'une conversation. Néanmoins, si ce bon côté d'Effing était authentique, pourquoi ne lui permettait-t-il, pas plus souvent de se manifester ? N'était-ce qu'une aberration de sa vraie nature, ou au contraire l'essence de sa personnalité réelle ? Je n'arrivai jamais à aucune conclusion à ce sujet, sinon peut-être que ni l'une ni l'autre éventualité ne pouvait être exclue. Effing était les deux à la fois. Un monstre, mais en même temps il y avait en lui l'étoffe d'un homme bon, d'un homme que j'allais jusqu'à admirer. Cela m'empêchai de le détester d'aussi bon cœur que je l'aurais souhaité. Comme je ne pouvais le chasser de mon esprit sur la base d'un sentiment unique, je me retrouvais presque sans arrêt en train de penser à lui. Je commençais à voir en lui une âme torturée, un homme hanté par son passé, luttant pour dissimuler quelque secrète angoisse qui le dévorait du dedans…"
Paul Auster, extrait de "Moon Palace", 1989, Actes Sud 1990, pour la traduction française.
Paul Auster, 2008 " Les gouvernements vont et viennent très vite, ici, et il est souvent difficile d'être au fait des modifications. C'était la première fois que j'entendais parler de ce change...
Mishima en 1956. " ... Ce qui change le monde, c'est la connaissance. Est-ce que tu comprends ? Rien d'autre, rien ne peut transformer le monde. La connaissance seule peut le changer, tout en le ...