Publié le 7 Juillet 2021

Du même auteur, dans Le Lecturamak : 

 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #ANNIVERSAIRE

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Publié le 4 Juillet 2021

 

 

 

Jean Cocteau, 1923

Rien :

L'homme devrait se demander : que suis-je ? et se répondre : rien. Mais il se demande : qui suis-je ? et se répond : un type prodigieux qui a découvert qu'il n'était rien.

 

 

Âmes :

Si cela était possible, j'aimerais ouvrir un institut de beauté pour les âmes. Non que la mienne soit belle ni que je compte faire des miracles, mais afin que le client soigne sa ligne interne et s'y accroche quelle qu'elle soit.

 

Communisme :

Le communisme est aussi loin de sa source que le catholicisme l'est du christianisme. Dans l'un et l'autre cas, il s'agit de faire prendre l'abrutissement pour une extase.

 

 

Intelligence :

L'intelligence est l'adversaire du génie. Picasso, homme de génie, n'est pas intelligent. Il n'a que du génie et ce génie arrive même à prendre forme d'intelligence.

 

Public :

Le public n'aime pas les profondeurs dangereuses ; il préfère les surfaces. C'est pourquoi dans une expression d'art qui lui demeure encore suspecte il incline plutôt en faveur des supercheries.

 

 

Opium :

Dire "les drogues" en parlant d'opium revient à confondre du Pommard avec du Pernod.

 

( Télérama Hors Série, Novembre 2013)

 

Du même auteur, dans Le Lecturamak :

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Littérature Française, #Les Classiques

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Publié le 2 Juillet 2021

Cher monsieur, m'ont-ils dit, vous en êtes un autre "

Lorsque je refusai de monter dans leur train. 

Oui, sans doute, mais moi, j'fais pas le bon apôtre, 

Moi, je n'ai besoin de personn' pour en être un...

 

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on

Est plus de quatre on est une bande de cons.

Bande à part sacrebleu c'est ma règle et j'y tiens.

Dans le nom des partants on n'verra pas le mien..."

 

Georges Brassens, extrait de "Le pluriel", 1966

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #ANNIVERSAIRE, #Chanson Française

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Publié le 26 Juin 2021

" Si je n'écris pas, je ne sais rien, je ne vois rien, je suis vide... On écrit pour découvrir ce qui vous inquiète et qu'on ne sait pas nommer. C'est le roman qu'on écrit qui vous le donne à découvrir. C'est un sentiment de clarté fugace. Ensuite la lumière s'éteint, et on retourne à son brouillard..."

 

" J'ai un handicap : je ne crois pas à la consommation, à la culture prédigérée. Je suis un has-been ! Un de mes anciens professeurs m'a tancé : ton livre est sans espoir ! J'ai râlé : mais moi, je ne suis ni curé ni politicien. Qui serais-je pour porter un drapeau, dicter des lois, une morale ? Vas-y toi ! Un romancier n'est pas un curé qui s'adonne aux sermons de pacotille, s'évertue à nous faire croire aux mérites d'un paradis vertueux. Un romancier n'est pas un homme politique qui, tout à sa propre gloire, entonne de fausses promesses, utilise un langage vulgaire. Un romancier n'est pas un psychiatre qui diagnostique le mal et tente de le soulager. Un romancier raconte le monde tel qu'il est, avec sa matière à lui, les matériaux qu'il s'est forgés. "

 

entretien dans Télérama 3092, 15 avril 2009

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #ANNIVERSAIRE

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Publié le 26 Juin 2021

Lucie frissonna, pourquoi penser au fric, le pognon, le pèze, le blé, la galette, les sous, comme un été trop sec le manque d'argent asséchait toute sa vie, bienheureux ceux qui obtenaient la liberté en se dépossédant de tout, elle, elle était sur la paille et pourtant les mauvaises herbes poussaient, les emmerdements grandissaient sur cette paille comme le profond chiendent ou le liseron obstiné - il commençait à faire plutôt frais, elle arracha deux poireaux, cueillit un chou de Milan trop petit pour être vendu, passa récupérer quelques carottes et pommes de terre dans le stock. La perspective de la soupe à venir, auprès de la cheminée, dans cette bicoque puante, acheva de la déprimer. Elle sortit un instant son téléphone de sa poche ( avec l'excuse de consulter l'heure ). Elle jeta un dernier regard autour d'elle et vérifia qu'elle n'avait pas laissé traîner un outil, siffla le chien qui furetait derrière les peupliers à la recherche de ragondins à débusquer, retira ses gants, changea sa polaire noire maculée de terre pour un pardessus molletonné bleu, ouvrit le hayon de la voiture pour que le chien s'y engouffre, puis elle s'assit au volant, comme chaque soir, observa son visage quelques secondes dans le rétroviseur : c'était bien elle, rien à craindre de ce côté-là ; légères pattes-d'oie naissant au coin des yeux, rides d'expression sur le front, fossette au menton, lèvres très rouges, tout est OK, pas de traces noires sur les joues ni de paille dans ses cheveux ; le chien enfila son museau entre les sièges et lui poussa gentiment le bras, comme pour lui dire, aller ma vieille, tu te regarderas dans le miroir plus tard, on y va : Lucie sourit, caressa le front du clébard et mit le moteur en route. Il était 18h15, et on ne distinguait déjà plus les hauts fûts des peupliers, dévorés par l'obscurité..."

 

Mathias Énard, extrait de " Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs", Actes Sud, 2020.

Du même auteur, dans Le Lecturamak :

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Française

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