"Nous serions pires que ce que nous sommes sans les bons livres que nous avons lus ; nous serions plus conformistes, moins inquiets, moins insoumis, et l'esprit critique, moteur du progrès, n'existerait même pas. Tout comme écrire, lire c'est protester contre les insuffisances de la vie." Mario Vargas Llosa. Discours du Prix Nobel" Je pense que nous n'avons pas de meilleure aide que les livres pour comprendre la vie. Les bons livres, en particulier. C'est la raison pour laquelle je lis : pour comprendre de quelle façon je dois vivre, et découvrir qui sont les autres, dans le secret d'eux-mêmes " Benjamin Markovits : extrait d'entretien pour Transfuges n° 31 juin-juillet 2009
" Je restais plantée devant la glace. Je pensais vaguement que j'aurais pu avoir une vie différente ; j'aurais pu m'habiller, m'exhiber, connaître les petits plaisirs de la vanité ou les grande...
" - Certains de vos amis disent que vous êtes extrêmement pieux... - Je vais à l'église. J'envoie de l'argent aux orphelinats... - Vous croyez que cela suffit ? - Certainement que cela suffit ...
" C'est un peu comme si les freins de ton vélo avaient lâché au sommet de la côte. Irrésistiblement, tu prends de la vitesse. Le temps qui file à toute allure te blanchit les tempes. Tu ne roules plus, tu glisses. Ta vie est de neige, de sable et d'eau courante.
L'inconnu est de plus en plus proche. Il ne se déguise plus en terres lointaines, en azurs, en chimères. Assis là, sur la chaise, il t'attends devant la porte.
Que lui dire ? La misère n'est précise qu'en sa phrase démunie. La machine du cœur continue son travail. Au-dehors, la campagne dort. Là-bas, la pluie est silencieuse. Il n'est de chant possible qu'un bâillon sur la bouche.
Tu attends, toi aussi, derrière la porte, l'oreille déjà collée contre le bois. Tu as pris rendez-vous. Ton tour viendra bientôt. Tu ne guériras pas de cet abîme.
Viendra-t-elle à minuit, quand la lune est bien ronde, ou dans l'aube en même temps que la pluie ? Nue, gracile, mais froide, la pointe des seins dure comme la pierre ? Peut-être même un reste de rêve dans le regard ? Et je ne sais quel sourire encore sur les lèvres...
- Appelons cela, si vous voulez bien, la douceur ou la douleur de disparaître.
Qu'elle entre donc par la fenêtre, un matin ou un soir d'été, avec la lumière du soleil et le souffle du vent, tandis que je lirai un livre, la tête pleine de rumeurs, si elle ne brise pas tout à coup ma plume, arrêtant mon geste.
- Je croiserai les bras, effondré sur la table. Comme un voleur de nuit cachant ce qu'il dérobe.
Jean-Michel Maulpoix, extraits de "L'hirondelle rouge", Éditions du Mercure de France, 2017.
" Bonjour, présentons-nous à tour de rôle. Voici le dottor Colonna, homme de grande expérience journalistique. Il travaillera à mes côtés - ce pour quoi nous le qualifierons d'assistant de d...
" Je ne me suis pas adressée tout de suite aux enquêteurs. Cela m'a d'abord pris un certain temps, avant de me rendre compte que mon mari avait disparu. Je profitais souvent du fait qu'il parte ...