Publié le 15 Novembre 2022

" Avant d'être hébergé, temporairement chez Noël, notre cycliste a dormi sur la route, reçu les conseils de Maurice, un sexagénaire aguerri qui se tape 230 kilomètres par jour sur son vélo, faisant "des micro-siestes quand il est fatigué, la nuit il dort au bord de la route, n'importe où". Il rencontre aussi François et Francine, elle est atteinte d'Alzheimer, lui tombe parfois dans le jardin et appelle sa femme au secours. C'est comme ça qu'il les rencontre, cet appel qui le happe et auquel il va répondre, se retrouvant invité à partager le repas avec les deux vieux. mais avant de partir, Francine vendra bien malgré elle la mèche : souvent elle guette par la fenêtre le passage d'un cycliste, prévient son mari qui s'allonge dans le jardin et appelle au secours. Elle dit "qu'elle était contente car c'était rare que les gens restent pour le repas". Elle dit aussi qu'elle a peur " de se retrouver un jour allongée, elle aussi, incapable de venir en aide ( à François), et ils seraient là tous les deux à appeler sans relâche, appeler à s'en déchirer la poitrine, sans que personne, jamais, les entende."..."

 

   " En voyage à vélo, le soir, je dors dans une tente. Camping sauvage dans la forêt, en bord de rivière, n'importe où pourvu que je ne sois pas visible depuis la route. J'y apprécie le silence, surtout. Et la solitude, bien sûr. Je tiens un carnet de bord dans lequel je consigne tout de ma journée de voyage. Dans l'ordre, plus ou moins, aidé de la carte qui me permet de retracer mon parcours du jour. Au départ, ça prend la forme d'une liste, et puis à mesure que le joint se consume je commence à faire des phrases, avoir des pensées qui sortent du seul cadre du voyage, mon vagabondage cycliste devient mental. J'en ressors avec beaucoup de matière...

   Dans mes carnets de bord j'avais trop tendance à écrire des trucs du genre " le mec du bar, le type à la poste", et c'est sûr que le soir même dans sa tente on voit très bien qui c'est le gars, sauf que quatre ans plus tard quand on le relit ça nous parle plus du tout. Décrire c'est d'abord observer, être attentif. Moi par exemple je ne sais pas décrire un visage, donc je m'emmerde plus avec ça et je passe par autre chose, des gestes, des parures, une façon de parler... Je n'ai pas une super mémoire moi, j'oublie beaucoup. La mienne elle s'attarde surtout sur les émotions, ce que j'ai ressenti en vivant la scène. Et puis je ne suis pas discipliné, comme auteur. Plutôt pulsionnel. Comme des bouffées... Tracer son itinéraire c'est bien, mais le petit sentier qui part vers la pampa là, on ne sait pas où il va déboucher, mais il donne vraiment envie d'aller voir..."

 

Magazine LMDA Septembre 2022 :  extraits d'une critique de Thierry Guichard sur le roman " Vivance" de David Lopez, et d'un entretien avec cet auteur.

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Dans la Presse, #Littérature Française

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Publié le 12 Novembre 2022

 James Baldwin pris en photo à Hyde Park Londres.
James Baldwin, 1969

 

 

À l'instar d'une multitude d'autres gens, je me levais le matin, je prenais le métro pour aller au bureau, je venais à bout de ma journée en arrivant à trouver quelques satisfactions, superficielles, dans le travail et dans une sorte de camaraderie provisoire. La véritable raison de mon entente avec mes collègues provenait du fait que j'étais capable mais pas ambitieux, trop indifférent pour intriguer à propos de mon avancement, et que je ne menaçais la position de personne. Je marquais le pas mais, de son côté, le temps s'accélérait. Et, dans quelques années, si je ne réussissais pas à monter, je descendrais inexorablement, et la camaraderie de mes collègues - et de mes supérieurs - se teinterait de mépris. Je savais que je ne pourrai jamais supporter cela, d'autant plus que j'aurai atteint l'âge mûr.

 

   Je n'avais jamais pu, au fond, prendre la publicité au sérieux. Je la considérais comme dégradante. Elle  me semblait être un jeu de dupes, fondé sur le principe de la poire. On ne pouvait guère respecter les gens qui marchaient dans ce constant tout-baigne-dans-l'huile-mon-coco, qui, en fait, s'y adonnaient comme à une drogue. Le sens de la vie dont les imprégnait la publicité - ou vice versa - rendait la réalité, ou la vérité de la vie, insupportable, menaçante et irréelle : ils préféraient l'image clinquante dont ils imaginaient avoir le contrôle. Ils pénétraient dans l'isoloir aussi aveuglément contents et illogiques qu'ils l'étaient au supermarché, tendant la main vers le "nom de marque", c'est à dire le nom qui leur avait été vendu avec le plus de succès et le moins de scrupules. Ils ne savaient pas, et n'osaient pas savoir, ce qu'il y avait dans le paquet : c'était "garanti" et tout le monde l'achetait...

 

Il y avait d'occasionnels scandales, des moments qui pouvaient faire soupçonner que la confiance publique avait été trompée : mais le bruit-du-scandale était rapidement étouffé par l'entraînante musique de la réclame suivante. La musique publicitaire ne fait que répéter les incroyables sujets de gloire de ce grand pays et on apprend à travers elle qu'il est absolument défendu au peuple américain d'être morne, réservé, nerveux, obsédé, de sentir mauvais, même un peu, à aucun moment ; d'avoir des cheveux gris ou des rides, d'être asexué, d'avoir des enfants qui ne sourient pas, d'avoir l’œil, le cheveu ou la dent ternes, d'avoir le sein, le ventre ou la fesse tombants, d'être triste, de connaître le désespoir, ou de s'embarquer dans n'importe quelle aventure sans l'approbation des masses amies.

 

Ici, l'amour n'exige pas d'arrhes, bien qu'il doive recevoir le cachet de l'Union des consommateurs et, si l'amour peut être chassé du paradis, ce n'est que pour lui donner l'occasion de "mûrir" au milieu d'aimables voisins. Cette ode à la pureté a des sous-entendus pornographiques : prenez la publicité classique pour une teinture de cheveux qui représente une femme au premier plan avec un bébé tout nu derrière. La légende affirme : Une couleur de cheveux si naturelle que seul un coiffeur sait la vérité ! La légende est une plaisanterie vulgaire et fait allusion au système pileux intime de la dame : mais la présence du bébé lave propre la légende. La présence de l'enfant nous informe qu'il s'agit ici en effet d'une dame, et d'une femme mariée en l'occurrence, et d'une mère aussi, et que son mari n'a rien à craindre de son coiffeur - qui, probablement, est une pédale. Les pédérastes, bien entendu, n'apparaissent jamais dans ce bazar en Technicolor, excepté en tant que clowns, ou comme les victimes de leurs atroces appétits charnels, et il va sans dire qu'ici la mort n'a pas de royaume...

 

James Baldwin, extrait de "Harlem Quartet", 1978-79. Éditions Stock 1987,91,98,2003,2017 pour la traduction française.

 

Du même auteur, dans Le Lecturamak :

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Américaine

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Publié le 10 Novembre 2022

 " Quand Aline vit son malheur, elle n'y voulut pas croire. C'est ainsi que les petites filles qui ont peur de la nuit se cachent sous les couvertures. Elle s'était accrochée à tous les petits espoirs qu'il y avait sous sa main ; ils avaient cassé l'un après l'autre comme des branches sèches. On n'a pas même le temps de bien s'aimer ; le temps de s'aimer est comme un éclair...

 

   À la fontaine, les laveuses lavaient le linge. Elles frottaient des deux mains sur la planche lisse, le savon faisait sa mousse, et l'eau était bleue et douce d'odeur. On a beaucoup d'ouvrage le matin. Une femme s'en revenait de la boutique avec une livre de sucre. Une autre balayait devant sa porte. Une grande fille menait un bébé par la main. On entendait le menuisier raboter dans sa boutique. Il faisait un petit temps gris un peu frais, et il soufflait un rien de bise. Le ciel avait des nuages blancs tout ronds qui se touchaient comme les pavés devant les écuries. Les vaches dans les champs branlaient leurs sonnailles de tous les côtés.

   Et une des laveuses, dit en rinçant le linge :

   - C'est le treize aujourd'hui.

   - Non, dit une autre, c'est le quatorze.

   - Tant mieux

   - Moi, reprit une troisième, moi je vous dis que c'est le treize.

   À ce moment Aline passa. Elles s'arrêtèrent toutes de causer.

   Julien coupait du bois près de la porte de la grange, derrière la maison. Des pigeons roucoulaient sur le bord du toit. À gauche, le verger rejoignait la campagne. On voyait par le trou des branches les pommes rouges d'un pommier tardif. Les autres n'avaient plus de fruits et presque plus de feuilles. Julien travaillait sans se presser, étant chez lui. Il avait ôté son gilet, parce que le mouvement donne chaud. Sa hache montait et retombait ; à chaque coup, il fendait une bûche. Et, quand Aline arriva, il resta une bonne minute comme il était, sa hache à la main.

   Un pigeon s'envola au-dessus de leurs têtes. Julien ouvrit la bouche comme pour parler, mais il ne dit rien. Elle non plus ne dit rien au commencement, mais ensuite les paroles lui vinrent aux lèvres comme l'eau dans une pompe ; elles jaillirent toutes à la fois.

   Tu ne sais pas, dit-elle, je voudrais bien que non... seulement... oui, c'est la vérité. Je n'étais pas sûre... C'est la première fois... Et puis il a bien fallu, n'est-ce pas ? Et puisque c'est toi, il valait mieux que je te dise tout de suite...

   Elle parlait en tâtonnant avec ses mots comme une aveugle avec ses mains. Elle tordait entre ses doigts les attaches de son tablier. Elle avait les pommettes rouges comme deux petits feux allumés. Elle avait un corsage de toile bleue, une vieille jupe brune.

   Julien dit :

   - Quoi ?

   Elle montra son ventre.

   Un second pigeon s'envola, Julien dit :

   - Charrette !

   Son coup s'enfonça dans sa nuque ; il avança la tête, comme un bélier qui va corner ; il se retint pourtant, pensant qu'Aline mentait peut-être ; il dit encore :

   - Tu es folle !

   Elle ne répondit pas.

   Il dit :

   - En es-tu sûre ?

   - Oh !  oui.

   - Sûre ? Sûre ?

   - Oh ! oui.

   Alors, il avança de nouveau la tête, et dit : 

   - Eh bien, tu n'es qu'une grosse bête ; ça ne ma regarde plus.

   Et, jetant sa hache, il s'en alla..."

 

C.F.Ramuz, extrait de " Aline " 1905, Éditions Marabout, 1978.

 

 

Du même auteur, dans Le Lecturamak : 

 

 

À propos de Ramuz, sur le net :

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Suisse, #Les Classiques

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Publié le 6 Novembre 2022

 

Dites-moi votre avis : ne pensez-vous pas que le lecteur n'assimile que des parties et de manière partielle ? Il lit une petite partie, un morceau, puis il s'arrête avant d'aborder le suivant, parfois même il commence par le milieu ou par la fin et va à reculons vers le début. Plus d'une fois il parcourra quelques morceaux et abandonnera, non pas que ça ne l'intéresse pas, mais tout simplement une autre chose lui est venue à l'esprit. Et même s'il lisait le tout, pensez-vous qu'il concevra une vision globale  et qu'il comprendra les relations  harmonieuses des différentes parties s'il n'en est pas instruit par un spécialiste ? Ainsi un auteur doit peiner pendant des années, il coupe, il arrange, il enlève, il recolle, soufflant et suant, pour qu'un spécialiste dise au lecteur que la construction est bonne ? Mais allons plus loin, entrons dans le domaine de l'expérience personnelle. Est-ce qu'une sonnerie de téléphone ou une mouche ne risquent pas d'arracher quelqu'un à sa lecture au moment précis où toutes les parties constituantes convergent vers l'unité d'une solution dramatique ? Et que se passera-t-il si le lecteur voit son frère, supposons, entrer dans la chambre pour lui dire quelque chose ? La noble tâche de l'écrivain est gâchée à cause d'un frère, d'une mouche ou d'un téléphone. Pouah, vilaines mouches, pourquoi vous attaquer à une race qui n'a plus de queue pour se protéger ? Considérons ceci de surcroît : cette oeuvre unique et exceptionnelle que vous avez élaborée, ne fait-elle pas partie d'un ensemble de trente mille autres, non moins uniques, qui paraissent chaque année avec régularité ? Détestables parties ! Devons-nous construire un tout pour qu'une parcelle de partie de lecteur absorbe une parcelle de partie de cette oeuvre, et encore partiellement ?

 

   Il est difficile de ne pas plaisanter à ce sujet. Les plaisanteries viennent d'elles-mêmes. Nous avons appris depuis longtemps à nous débarrasser par la moquerie de ce qui nous moque trop cruellement. Un génie sérieux viendra-t-il un jour pour regarder en face les petitesses  concrètes de l'existence sans éclater d'un rire obtus ? Et qui saura opposer à ces petitesses sa grandeur ? Eh toi, mon style, trop pétillant, trop léger !

 

   Remarquons encore (pour boire jusqu'à la lie le calice de la partie) que ces canons et principes de construction auxquels nous sommes asservis sont dus à une partie seulement de la société, et encore une partie très secondaire. Une partie insignifiante du monde, un groupe réduit de spécialistes et d'esthètes, un microcosme gros comme le petit doigt, qui pourrait tenir tout entier dans une seule salle de café, se remue en vase clos et produit des postulats de plus en plus raffinés. Bien pis, ces goûts ne sont même pas authentiques : votre construction ne plaît qu'en partie à ces gens, ils préfèrent pour une plus large part leur propre science en matière de constructions. L'artiste doit-il donc faire tant d'efforts en ce domaine pour que le connaisseur puisse étaler ses capacités ?

   Chut ! Attention, mystère, voici un créateur de cinquante ans qui crée, à genoux devant l'autel de l'Art, en pensant au chef-d'oeuvre, à l'harmonie, à la précision, à la beauté, à l'âme et au triomphe ; voici un connaisseur qui s'y connaît, qui approfondit avec profondeur la création du créateur, laquelle parvient au lecteur - et ce qui avait été enfanté dans une totale douleur est accueilli de la façon la plus partielle, entre un coup de téléphone et une côtelette. D'un côté l'écrivain donne son âme, son cœur, son art, sa peine, sa souffrance, mais de l'autre le lecteur n'en veut pas, ou s'il veut bien, ce sera machinalement, en passant, jusqu'au prochain coup de téléphone. Les petites réalités de la vie nous détruisent. Vous êtes dans la situation d'un homme qui a provoqué un dragon mais qui tremble devant un petit chien d'appartement...

 

Witold Gombrowicz, extrait de " Ferydurke", 1937, Folio 2013.

 

 

Du même auteur, dans Le Lecturamak : 

 

 

 

   

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Polonaise, #Art

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Publié le 30 Octobre 2022

 

Le 4 mai 2017, la Cour de cassation s'est opposée au jugement du Tribunal de grande instance de Tours autorisant une personne intersexe à faire inscrire la mention "sexe neutre" dans son acte de naissance. Assignée homme au berceau, la personne requérante ne s'identifiait pourtant ni au sexe masculin, ni au sexe féminin. Seulement, " la loi française ne permet pas de faire figurer, dans les actes de l'état civil, l'indication d'un sexe autre que masculin ou féminin", ont argué les juges, ajoutant que "cette binarité (...) est nécessaire à l'organisation sociale et juridique, dont elle constitue un élément fondateur"...

 

   N'en déplaise à la Cour de cassation, les choses ont bien changé depuis Napoléon... et la "différence des sexes" n'est plus, en France, utilisée pour justifier la domination masculine. Les études de genre ont, à ce titre, joué un grand rôle en démontrant que le "sexe", ainsi entendu, est le support de la représentation du genre : " Elles ont montré que ce qu'on appelle "féminin" et "masculin" est socialement construit et ne dépend pas d'un critère biologique qui serait une nécessité, et qu'il ne peut donc pas justifier l'inégalité des droits... détaille le philosophe Thierry Hoquet, professeur à l'université de Nanterre et chercheur à l'Institut de recherches philosophiques. "Tout au long du XXsiècle, le droit français a évolué en faveur d'une neutralisation des énoncés juridiques", souligne ainsi Diane Roman, professeure de droit public et juriste à l'Institut des sciences juridiques et philosophique de la Sorbonne. au point qu'on ne trouve presque plus de règles sexo-spécifiques, hormis celles qui concernent le congé maternité et la protection des salariées enceinte et allaitante. À propos du mariage, par exemple, le Code civil parle désormais des "époux", et reconnaît les mêmes droits aux conjoints, a fortiori depuis qu'en 2013, la loi Taubira à ouvert le mariage aux personnes du même sexe...

 

Le dogme des X et Y.

 

[...] "La génétique est beaucoup plus complexe que l'état civil" rappelle Joëlle Wiels, biologiste et directrice de recherches au CNRS au laboratoire Signalisation, noyaux et innovations en cancérologie, dont les travaux contestent "le dogme trop bien établi du binarisme sexué" et l'usage politique qui en est fait. " Il ne s'agit pas de remettre en cause la réalité biologique  de la sexuation, mais de contester sa dualité absolue." La détermination du sexe (chromosomes, gonades, hormones, anatomie) est en effet un phénomène éminemment complexe : " Si je vous demande ce qui détermine le sexe, vous répondrez les chromosomes : les femmes ont deux chromosomes X et les hommes un X et un Y. Mais ce n'est pas vrai pour tout le monde : certaines personnes ont un, trois ou quatre X, un X et deux Y, deux X et un Y... les personnes qui ont deux X ont aussi parfois des organes génitaux mâles, et celles qui ont un X et deux Y des organes génitaux femelles." On estime ainsi que l'intersexuation concerne 1 à 2% de la population. "La fréquence de certaines situations n'est pas si rare : si vous prenez le cas de deux X et un Y, en France 60 000 personnes sont concernées." Quant aux fonctions différenciées dans la reproduction souvent invoquée pour définir hommes et femmes, "ce n'est pas non plus un critère suffisant, car on sait qu'environ 10% des femmes sont stériles ( et presque autant des hommes, ndlr)...

 

Extraits d'un article de Stéphanie Arc, dans la revue du CNRS "Carnet de science" n°7, Automne-Hiver 2019.

 

 

 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Dans la Presse, #Sciences, #Genre

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