Publié le 17 Février 2022

En 2001, la question de la diversité ne se posait même pas, aujourd'hui, le débat est lancé." Cette remarque du quotidien Libération, en date du 8-9 mars 2008, saluait l'augmentation (jugée encore timide) du nombre de candidats dits "' de la diversité" aux élections municipales de la même,année. Mais la gauche n'a pas le monopole de la réflexion sur la diversité en France Après tout, c'est M. Nicolas Sarkozy qui avait proposé d'inscrire cette valeur dans le préambule de la Constitution; le chef de l'État entendait en effet "accélérer puissamment" l'expression de la "diversité ethnique" au sein des élites...

   Certes, la situation française comporte ses particularités : de l'après-guerre jusqu'à la fin des années 1970, les courants dominants de la gauche se préoccupaient exclusivement d'égalité économique. Les questions relatives au féminisme, au racisme, à l'homosexualité, etc, étaient ravalées au rang de "contradictions secondaires" ou simplement ignorées. Mais, depuis un quart de siècle, la situation a évolué au point de renverser l'ordre des priorités : à partir du tournant libéral de 1983, la lutte contre les discriminations (illustrée en particulier par SOS Racisme) a remplacé la "rupture avec le capitalisme" dans la hiérarchie des objectifs. Dès lors qu'il s'est souvent substitué ( au lieu de s'y ajouter) au combat pour l'égalité, l'engagement en faveur de la diversité a fragilisé les digues politiques qui contenaient la poussée libérale.

    La volonté d'en finir avec le racisme et le sexisme s'est révélée compatible avec le libéralisme économique, alors que la volonté de réduire - sans même parler de combler - le fossé entre les riches et les pauvres ne l'est pas. En même temps qu'elle affichait son engagement en faveur de la diversité (en combattant les préjugés, mais aussi en célébrant les "différences"), la classe dirigeante française a accentué son penchant libéral. Ce dernier mouvement, caractéristique de la droite, se retrouve fréquemment chez des gens qui se proclament de gauche. En fait, à mesure que la question de l'"identité nationale" affermit son emprise sur la vie intellectuelle française, elle masque l'augmentation des inégalités économiques qui caractérise le néolibéralisme.

    Mon intention ici n'est évidemment pas de soutenir que la discrimination positive ( ou l'engagement pour la diversité en général) accroît les inégalités. Il s'agit plutôt de montrer que la conception de la justice sociale qui sous-tend le combat pour la diversité repose elle-même sur une conception néolibérale. Il s'agit d'ailleurs d'une parodie de justice sociale qui accepte les injustice générées par le capitalisme. Et qui optimise même le système économique en distribuant les inégalités sans distinction d'origine ni de genre. La diversité n'est pas un moyen d'instaurer l'égalité; c'est une méthode de gestion de l'inégalité...

 

 

    Que peut bien signifier le fait que des représentants du monde des affaires et des descendants de "grands parents(...) mis en esclavages , colonisés, animalisés" partagent la même vision du monde ? Que la diversité "dans son acception la plus large (origines ethniques, sexe, handicap, âge, orientation sexuelle) a acquis ce que le quotidien financier les Échos (22 février 2008) appelle un statut d' "impératif économique", et que la gauche se montre aussi prompte que la droite à s'enthousiasmer pour ce nouvel "impératif"

   En d'autres termes, la logique selon laquelle les questions sociales fondamentales portent sur le respect des différences identitaires et non sur la réduction des différences économiques commence à s'épanouir en France  comme naguère aux États-Unis. Ici comme là-bas, la droite néo-libérale s'est enfin trouvé une gauche néo-libérale qui réclame ce que la droite n'est que trop heureuse de lui accorder...

 

   Non contents de prétendre que notre vrai problème est la différence culturelle, et non la différence économique, nous nous sommes mis en outre à traiter cette dernière comme si elle était elle-même une différence culturelle. Ce qu'on attend de nous, aujourd'hui, c'est que nous nous montrions plus respectueux envers les pauvres et que nous arrêtions de les considérer comme des victimes - ce serait faire preuve de condescendance à leur égard, dénier leur "individualité". Or, si nous parvenons à nous convaincre que les pauvres ne sont pas des personnes en demande d'argent mais des individus en demande de respect, alors c'est notre "attitude" à leur égard, et pas leur pauvreté, qui devient le problème à résoudre. Nous pouvons dès lors concentrer nos efforts non plus sur la suppression des classes mais sur l'élimination de ce que nous, Américains, appelons le "classisme". Le "truc", en d'autre termes, revient à analyser l'inégalité comme une conséquence de nos préjugés plutôt que de notre système social : on substitue ainsi au projet de créer une société plus égalitaire celui d'amener les individus ( nous et, en particulier, les autres) à renoncer à leur racisme, à leur sexisme, à,leur classisme et à leur homophobie.

   Cette stratégie, libre à la France de l'adopter elle aussi. Et de se livrer aux controverses qui la nourrissent. Ainsi, la polémique autour de la mémoire et de l'histoire de France offre un modèle indéfiniment reproductible. Pendant que la gauche "mouvementiste" déplore - par la voie des Indigènes - que la France néglige complètement " la réhabilitation et la promotion de nos histoires dans l'espace public" , la droite conservatrice - par la voix d'Alain Finkielkraut et consorts - estime que les Indigènes devraient soit considérer l'histoire de France comme leur histoire, soit se rappeler qu'"ils ont le droit de partir". Mais les chefs d'entreprise, y compris ceux qui ont suivi les cours de Finkielkraut à l'École polytechnique, n'ont aucune envie de voir toute cette main-d'oeuvre bon marché exercer son "droit de partir", car ils comprennent vite que manifester son respect pour les gens - pour leur culture, leur histoire, leur sexualité, leurs goûts vestimentaires, et ainsi de suite - revient bien moins cher que leur verser un bon salaire...

 

Walter Benn Michaels : extraits de " La Diversité contre l'égalité", Éditions raison d'Agir, paris, 2009, repris dans l'article du même auteur pour  le magazine du  Monde Diplomatique " manière de voir" n°166, Août-Septembre 2019.

 

 

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Dans la Presse, #Littérature Américaine, #Extraits de livres

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Publié le 10 Février 2022

Le monde va-t-il de mieux en mieux ou de mal en pis ? Les deux, semble-t-il. En janvier 2018, le magazine Times publiait un dossier intitulé "Les optimistes". Rédacteur en chef invité du numéro, Bill Gates constatait que dans l'ensemble, les choses s'amélioraient. Le même mois, le Bulletin of Aromic Scientists rapprochait de trente secondes les aiguilles de son "horloge de l'apocalypse" : la fin du monde était plus proche que jamais. Ladite horloge a été créée à la fin des années 1940 pour mettre en évidence le risque d'un holocauste nucléaire. D'autres menaces y ont été ajoutées depuis : le changement climatique en 2007, le bioterrorisme et l'intelligence artificielle en 2015. La liste n'est sûrement pas close. les aiguilles de l'horloge ont été déplacées vingt-trois fois depuis 1947, le plus souvent en direction du pire. mais ce n'est bien sûr qu'un gadget : la seule chose qu'elle mesure, c'est le degré d'inquiétude éprouvé par un groupe de scientifiques et d'universitaires. 

   À l'inverse, les optimistes intervenant dans le dossier du Times entendaient fonder leur version plus riante sur une quantification précise, "étayée par des données", écrivait Gates - comme la réduction de moitié, depuis 1990, du nombre d'enfants morts avant leur cinquième anniversaire, la diminution de la proportion de la population mondiale vivant dans l'extrème pauvreté - passée de plus d'un tiers en 1990 à environ un dixième aujourd'hui -, ou encore l'augmentation, au cours du siècle dernier, du nombre de pays où l'homosexualité est un droit reconnu - passé de vingt à plus d'une centaine.

   Il se peut aussi que le nombre de livres recensant les avancées positives ait augmenté. Au moins quinze sont parus en anglais depuis la publication, en 2000, de l'ouvrage de l'économiste Julian Simon, mort deux ans plus tôt, au titre éloquent : "Cela va sans cesse de mieux en mieux. les 100 plus fortes tendances des 100 dernières années". Personne n'a encore inauguré une "horloge du paradis", qui marquerait nos progrès mesurables vers l'utopie, mais beaucoup de ces auteurs semblent entendre son tic-tac.

   D'autres sont moins enthousiastes, car il n'y a pas de méthode évidente pour mettre en balance les bonnes et les mauvaises nouvelles. Le livre de Simon s'ouvre sur un préface discordante de sa veuve, Rita Simon, que l'optimisme de son mari mettait mal à l'aise. Malgré les 146 graphiques qui regorgent de données encourageantes - allant de l'augmentation de l'espérance de vie à celle du nombre de dents dans la bouche des adultes et d'orchestres dans les villes américaines -, elle rappelait que le siècle dernier avait aussi vu la montée du nazisme, du stalinisme et du maoïsme, et la mort d'au moins 170 millions de personnes du fait de leur propre gouvernement.

 

Hans_Rosling, 2016.

 Même quand les bonnes nouvelles sont légion, l'optimisme peut sembler dénoter un manque de cœur et une certaine naïveté, observe Hans Rosling dans son livre instructif Factfulness : "Parce que vous savez que d'énormes problèmes subsistent [...], vous avez le sentiment que lorsque je dis que le monde s'améliore cela revient à dire que tout va bien." Médecin et professeur de santé publique suédois décédé en 2017, Rosling préférait se qualifier de "possibiliste" : "Quelqu'un qui n’espère pas sans raison, pas plus qu'il ne craint sans raison [...]. En tant que possibiliste, je vois tout le progrès qui a été accompli, et cela me donne la conviction et l'espoir que plus de progrès est possible. Ce n'est pas être optimiste.[...]. C'est avoir une vision du monde constructive et utile."...

 

   Quels sont ceux qui contribuent le plus à rendre les gens plus riches, plus sains, plus heureux... Ceux qui soulignent ce qui va bien ou ceux qui soulignent ce qui va mal ? Rosling note que le progrès en matière de droits de l'homme, d'instruction des femmes, de secours en cas de catastrophe, et dans de nombreux autres domaines, sont souvent dus en grande partie aux militants persuadés que les choses empirent - même s'il pense aussi qu'ils pourraient obtenir encore plus de résultats s'ils étaient davantage disposés à admettre ce qui va mieux. Dans son invitation à l'optimisme, Bill Gates reconnaît que, pour améliorer le monde, "il faut que quelque chose vous rende furieux". Se focaliser sur ce qui va mal n'est pas forcément un dysfonctionnement cognitif. Voltaire n'aurait pas mené ses campagnes contre les abus de pouvoir du clergé, s'il s'était contenté d'observer que, statistiquement parlant, la plupart des prêtres étaient des personnes parfaitement décentes...

 Les nouveaux optimistes ne devraient peut-être pas oublier de remercier les vieux pessimistes pour les fruits de leur mécontentement.

 

Anthony Gottlieb : extraits d'un article pour la revue  The New York review of Books du 7 février 2019, repris dans le magazine Books n°113, mai-juin 2021.

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Dans la Presse

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Publié le 9 Février 2022

 

Toute œuvre mineure a un auteur secret, et tout auteur secret est, par définition, un écrivain d’œuvres maîtresses. Qui a écrit telle œuvre mineure ? Apparemment , un écrivain mineur. La femme de ce pauvre écrivain peut en témoigner, elle l'a vu assis à sa table, penché sur les pages blanches, se tordant et faisant glisser sa plume sur le papier. Elle a l'air d’être un témoin irréfutable. Mais ce qu'elle a vu, ce n'est que la partie extérieure. La coquille de la littérature. Une apparence... Celui qui en vérité est en train d'écrire cette œuvre mineure est un écrivain secret qui n'accepte que la dictée d'une œuvre maîtresse.

   Notre bon artisan écrit. Il est absorbé par ce qu'il est en train de mettre en forme bien ou mal sur le papier. Sa femme, sans qu'il le sache, l'observe. En effet, c'est lui qui écrit. mais si sa femme avait une vision aux rayons X, elle s'apercevrait qu'elle n'assiste pas réellement à un exercice de création littéraire, mais bien plutôt à une séance d'hypnose. À l'intérieur de l'homme qui est assis en train d'écrire il n'y a rien. Rien qui soit lui, je veux dire. Comme ce pauvre homme ferait mieux de se consacrer à la lecture. La lecture est plaisir et joie d'être vivant ou tristesse d'être vivant et surtout elle est connaissance et questions. l'écriture, en revanche, est d'ordinaire vide. Dans les entrailles de l'homme qui écrit il n'y a rien. Rien, je veux dire, que sa femme, à un moment puisse reconnaître. Il écrit sous la dictée. Son roman, ou son recueil de poèmes, convenables, très convenables, sortent, non par un exercice de style ou de volonté, comme le pauvre malheureux le croit, mais grâce à un exercice d'occultation. Il est nécessaire qu'il y ait beaucoup de livres, beaucoup de beaux sapins, pour qu'ils veillent du coin de l’œil le livre qui importe réellement, la foutue grotte de notre malheur, la fleur magique de l'hiver. "

 

Roberto Bolaño : extrait de "2666", Éditions Christian Bourgois 2008, pour la traduction française.

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Rédigé par jmlire9258

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Publié le 3 Février 2022

Bruno Latour, 2015.

 

... L’écologie est née dans les marges, depuis la fin de la guerre, avec des penseurs et des précurseurs qui ont décidé de « sortir du système », comme on dit… Aujourd’hui, ces marginaux sont devenus centraux parce qu’ils ont pointé du doigt LA question pour la survie de tous. Ce changement est très compliqué pour des gens qui se voient toujours comme marginaux et qui, brusquement, s’aperçoivent qu’ils peuvent devenir la majorité et doivent répondre à de nouvelles questions : que fait-on de la conquête du pouvoir ? Qu’est-ce qu’un État de l’écologisation, tout comme il y a eu un État de la reconstruction, un État de la modernisation, un État (très secoué) de la globalisation ? Et qu’est-ce qu’une Europe écologique ? Tant que les écologistes continueront à chérir leur marginalité, ils seront incapables de définir la politique à leur manière et de repérer l’ensemble des alliés mais aussi des adversaires. Car définir ses ennemis, c’est essentiel... On connaît parfaitement les deux cents méchants charbonniers-pétroliers ! La clarification est publique : de plus en plus d’institutions refusent de financer les énergies fossiles ; la responsabilité des plus riches dans le changement climatique est amplement documentée (lire le Rapport sur les inégalités mondiales 2022, codirigé par Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez, Gabriel Zucman) ; on a plein de propositions efficaces d’impôts sur l’usage du CO2, sur la fortune des multimilliardaires. Le défi n’est plus de désigner mais de rassembler des gens décidés à en tirer les conséquences concrètes. Or le pétrole, c’est aussi nos voitures, nos pulls en polyester, nos steaks saignants… Nous sommes victimes et complices, à différentes échelles. Si un parti écologique était élu à la présidentielle, quelles populations suivraient des mesures, forcément difficiles, à même d’attaquer sérieusement ces charbonniers-pétroliers ? Il faut des gens derrière...

 

Je veux bien parler d’« anticapitalisme », mais cela ne clarifie pas beaucoup les choses, d’autant que Marx n’utilise jamais le terme de capitalisme — il parle de « capitalistes ». Et surtout, nous ne sommes plus dans la même histoire. Quittons les batailles et la sociologie du xxe siècle ! Aujourd’hui, il s’agit de comprendre que la production seule ne définit plus notre horizon, et que notre obsession pour la production destructrice… nous détruit. Ce que l’on ne capture pas avec la notion de « capitalisme », c’est que la bataille porte sur l’économie : non pas la discipline économique, qui sert à faire des comptes, mais celle avec un grand E, cette idéologie qui conçoit les relations humaines uniquement en termes de ressources et nous vend la croissance comme seul moyen de prospérer. Voilà pourquoi cette bataille s’inscrit dans l’histoire de la gauche émancipatrice, au sens de Karl Polanyi : le véritable défi, c’est la résistance à l’économisation, par tous les moyens. Le monde n’est pas fait de relations économiques !

Refaire une société est ce qu’il y a de plus compliqué, surtout quand elle a été défaite par ces forces puissantes qu’on appelle « néolibérales ». La gauche a tout perdu, il faut se réarmer autrement et poser en termes de valeurs des questions qui sont posées en termes d’économie. On le voit avec la crise de l’hôpital, de l’enseignement : ces sujets ne sont pas valorisés parce que la question de la valeur n’est pas considérée comme prioritaire. Pourquoi ne paierait-on pas mieux les professeurs, les infirmières ? Pourquoi l’hôpital est vu comme une dépense et pas un bien commun ? Qu’est-ce qui est important ? C’est quoi, la prospérité ? Le merveilleux livre de David Graeber et David Wengrow Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité montre que des tas de sociétés se sont organisées en dehors de toute économisation...

 

Bruno Latour, extrait d'un entretien pour Télérama n°3759, janvier 2022.

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Rédigé par jmlire9258

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Publié le 31 Janvier 2022

Jón Kalman Stefánsson, 2007

" Nous revenons parfois à la souffrance. À nos regrets, à la nostalgie. Et remuons le couteau dans la plaie. Nous ne sommes pas très bien, la vie constitue un écheveau de plus en plus complexe, comme si l'homme peinait toujours plus à la cerner. Nous prenons des calmants, des excitants, des tranquillisants pour supporter le quotidien. Les années passent, le but de la vie demeure vague, nous ne comprenons presque rien, nous prenons du poids, nos nerfs s'usent puis se rompent et nous sommes constamment affligés par l'insatisfaction et les désirs inassouvis. Nous rêvons d'une solution, aspirons à l'azur et l'éther, mais n'ayant ni le temps, ni la sérénité, ni l'endurance qu'il faut pour les atteindre, nous avalons, reconnaissants, les solutions hâtives, les plats préparés, le sexe à la va-vite, tout ce qui nous procure une solution d'urgence, nous vivons à l'époque de l'instantané. Les manuels de développement personnel nous promettent une vie meilleure et un peu plus de profondeur dans nos existences : panoplie de dix conseils pour arrêter de boire, arrêter de grossir, de souffrir, d'avoir peur, dix conseils pour mieux vivre, ils sont rarement plus de dix, nous peinerions à en mémoriser plus, ils sont au nombre de dix comme les doigts, comme les commandements. Dix conseil pour mieux vivre...."

 

Extrait de " D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds" Éditions Gallimard, 2015, pour la traduction française.

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Rédigé par jmlire9258

Publié dans #Extraits de livres, #Littérature Islandaise

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